Si vous êtes gros.se, pour manger tranquille, mangez caché.e.

Loin de moi l’idée de vous le conseiller sérieusement, de vous cacher pour manger, hein.

Mais le fait est que dans notre société grossophobe, on en est là.

Un.e gros.se qui mange publiquement est supposé, forcément, être en train de se gaver.
Peu importe qu’il soit midi, donc une heure ma fois assez logique pour manger vite fait un sandwich dans le bus pour gagner du temps. Un.e gros.se est automatiquement présupposé être en train de manger son 10ème sandwich.
Peu importe qu’il fasse 40° et que la moitié des gens de la ville ait une glace à la main. Un.e gros.se ne devrait pas, oh non surtout pas, manger de glace. C’est forcément sa 5ème de la journée de toutes manières.

Un.e gros.se qui mange et qui, affront ultime au bon goût visuel de ces concitoyen.nes minces, a le culot de le faire publiquement, c’est forcément QUELQU’UN QUI SE GAVE.

Vous voulez un exemple ?

Allez, cette petite situation juste tout à l’heure, dans le bus.

Une amie et moi, toutes deux grosses, mangeons nos sandwichs (t’sais, le truc que pas mal de gens font à midi quand ils ont pas le temps / pas l’envie de faire à manger).

sandwich
En vrai, il était moins beau que ça le sandwich, mais celui ci a l’air délicieux !

Mon amie mange un bout de son sandwich, puis le repose dans le sac parce qu’elle n’a plus faim.

Je lui demande :

« Tu cales ? »

En face de nous, un petit groupe de meufs :

« Lol ! La grosse qui lui demande si elle cales, pis l’autre qui répond que oui, alors que vu comme elle est grosse, elle doit en manger 10 par jours ».

Je n’ai malheureusement pas entendu ce qu’elles disaient sur le moment, c’est mon amie qui m’a dit ça une fois descendue du bus. Gros regret, parce qu’elles se seraient pris la honte de leur vie à se faire afficher dans les règles de l’art dans le bus bondé.

Et non, ça n’est pas « exceptionnel ». C’est habituel.
Un pote qui s’est retrouvé avec moi dans le métro une fois où je mangeais mon sandwich m’a dit avoir été choqué des regards et des remarques.
Moi je n’avais même pas remarqué. Parce que je ne remarque plus, la plupart du temps, tellement c’est habituel et quotidien. Ca fait partie du paysage quotidien dès que je suis hors de chez moi.

J’ai entendu une responsable hiérarchique me dire que « le regard que les gens posent sur toi quand tu manges au travail n’est pas neutre, tu devrais faire attention à ça. ». (Je présume que « les gens », c’était surtout elle, hein, mais bon… S’agirait pas d’assumer de trop sa grossophobie, quand même).

Au travail. Relax.
Non, je n’ai pas à faire attention à ça.
Si j’ai la dalle, j’ai parfaitement le droit de manger un truc. Exactement comme mes collègues minces. Et si ça les dérange de voir une grosse manger, ma foi, d’une part c’est peut-être à eux de se poser des questions sur leurs représentations. Et d’autre part, si vraiment c’est insoutenable pour leurs pauvres mirettes, bah qu’ils regardent ailleurs, au pire !

Je pourrais en lister des centaines, d’anecdotes sur des remarques, des regards concernant le fait que j’aie l’audace de manger devant des gens.

Si ça ne m’atteint plus, c’est loin d’avoir toujours été le cas.
Et si ça ne m’atteint plus, c’est bien loin d’être le cas de tou.te.s les gros.ses.

J’en connais beaucoup (trop) qui n’osent pas manger en public pour éviter ça.
J’en connais beaucoup qui, s’iels doivent vraiment manger en public, vont éviter de manger à leur faim pour bien prouver qu’iels ne mangent pas trop. C’est bien connu. Une gros.se qui mange une salade verte (sans trop de sauce s’il vous plait !), ça passe. C’est bien, iel essaie de perdre du poids, iel essaie de revenir vers la sacro sainte norme !

Alors j’ai envie de faire un petit rappel :

– Les gros.ses ont aussi besoin de manger pour vivre. Un.e gros.se qui arrête de manger, à terme, iel meurt.
– On peut être gros.se et manger parfaitement normalement en terme de quantité. Sisi. Vraiment. Donc non, le sandwich que vous nous voyez manger dans le bus n’est pas forcément le 10ème. Il est même assez probable que ça soit notre sandwich tout ce qu’il y a de plus normal, pour un repas tout ce qu’il y a de plus normal.
– Si ca n’est pas le cas et qu’on surbouffe réellement (oui, ça existe, les troubles du comportement alimentaire), ça n’est en tous cas pas votre mépris, vos moqueries et vos remarques de merdes qui vont aider à guérir de ces troubles alimentaires.
– Vos gueules. Ouais en fait, juste ça. Taisez vous. Et regardez ailleurs si on vous dérange tant. Mais foutez nous la paix.

« j’espère que son psy lui a dit que manger c plus important dans la hiérarchie des priorités que de faire chier le monde parce qu’elle a pas l’air au courant »

Le titre de cet article, c’est un copier coller d’un des critères de recherche qui ont amené quelqu’un sur mon blog.

Y a beaucoup de trucs un peu absurdes dans les critères de recherche qui ont amené des gens à se retrouver sur mon blog (j’ai notamment tout un lectorat à la recherche d’images scatophiles, à cause du référencement de mon article « Pipi caca prout et autres hontes féminines« … sisi, je vous assure. Ca me fait toujours beaucoup rigoler que des personnes à la recherche d’images scatophiles arrivent sur mon blog. Les pauvres… ça ne doit vraiment pas correspondre à leurs attentes !)

Par contre, c’est la première fois que, en lisant les termes du critère de recherche, j’ai eu envie de pleurer de rage…

« j’espère que son psy lui a dit que manger c plus important dans la hiérarchie des priorités que de faire chier le monde parce qu’elle a pas l’air au courant ».

Au-secours. Vraiment.

Alors, cher.e lecteur.trice qui manifestement, te préoccupe du fait que la personne de ton entourage qui est anorexique (ou autre difficulté psy qui lui rend difficile le fait de manger) « arrête de faire chier le monde », je tenais à te répondre personnellement. Et publiquement.

Promis, je vais te répondre constructivement dans quelques secondes, mais d’abord…

Tu es prié.e d’aller bouffer une poignée de clous et de t’étouffer avec.

Voilà, c’est dit. Et très honnêtement, j’ai déjà fait un effort : les phrases qui me venaient spontanément étaient pas mal plus violentes et gore.

Bon.

Maintenant que je suis raisonnablement défoulée, et donc apte à répondre constructivement…

Je voudrais rappeler quelques fondamentaux :

– Si une personne ne mange pas, elle a des raisons pour le faire.

Soit elle a une maladie physique qui nuit à son appétit (mais curieusement, je ne pense pas que tu aurais parlé de « son psy » dans ce cas là, n’est ce pas ?).
Soit elle a une maladie psychique type dépression qui lui coupe l’appétit.
Soit elle a une maladie psychique qui se cible spécifiquement sur l’alimentation, à savoir un trouble du comportement alimentaire, et, dans le cas précis, probablement l’anorexie.

Et C’EST PAS UN CAPRICE.

Aucune de ces raisons n’est « un caprice ».

Aucune de ces raisons n’est « pour faire chier le monde ».

– Les troubles du comportement alimentaire tuent.

Excuse moi d’être un peu plus inquiète pour la personne anorexique que pour son entourage. Mais en vrai, l’anorexie tue. Parce que en vrai, le corps humain, il a besoin de bouffe pour fonctionner. T’sais, les organes, le coeur, le cerveau, les muscles, tout ça.

Donc oui, une personne que des troubles psy empêchent de manger suffisamment est en danger de mort. Rien que ça. A terme, hein. Pas en deux jours. Mais quand même. C’est un risque bien réel.

– Les réactions merdiques de l’entourage sont une réelle source de souffrance.

Et, excuse moi de te dire ca, te préoccuper du fait qu’elle « arrête de faire chier le monde » et voir sa difficulté à manger comme étant une manière de « faire chier le monde », ouaip, ça rentre vraiment dans la catégorie « réaction merdique ».

Vivre avec un trouble psy – quel qu’un soit – est déjà en soi source de souffrance, de difficultés, je t’assure. On n’a vraiment pas besoin qu’on nous voit comme des personnes capricieuses qui « font chier le monde » avec nos « bizarreries ».
On a besoin de soutien, pas de jugement.

– Pourquoi je t’ai répondu publiquement ?

Déjà, parce que je n’ai aucun autre moyen de m’adresser à toi.
Et ensuite : parce que franchement, je sais que vous êtes beaucoup à penser comme ça. Et que tant qu’à faire, si vous pouviez être quelqu’un.es à pouvoir réfléchir un peu sur vos préjugés pourraves, ça serait toujours ça de pris, et toujours ça de souffrances en moins pour vos proches…

Allez… Bye.
Et tout mon soutien à ta pote, ta soeur, ton amie, ta copine ou qui sais-je encre qui « fait chier le monde en ne mangeant pas ». J’espère qu’elle va se sortir de là, et qu’elle n’est SURTOUT PAS tombée sur un psy qui va la voir comme une emmerdeuse capricieuse. Parce que figure toi que oui, des psy comme ca, il y en a.
Et j’espère que son entourage n’est pas composé uniquement de personnes qui pensent qu’elle fait chier le monde.

tu-voudrais-pas-te-taire

Cyril Hanouna, Touche Pas à Ma Folie !

Salut Cyril !

Tu permets, je te tutoie. Après tout, tu appelles tes spectateurs « mes chéris », alors je crois qu’on est assez intimes pour que je puisse te tutoyer !

Permets moi de te dire que j’ai trouvé ta dernière bande annonce très drôle.

hanouna-psychophobie

Vraiment. Je t’assure.

J’ai beaucoup ri. (Tu aimes, hein ?)

De toi. (Tu aimes moins ?)

Bon. Maintenant que je t’ai expliqué que je me suis allègrement foutue de ta gueule en voyant cette bande annonce, je pense qu’il serait assez aimable de ma part de t’expliquer pourquoi, n’est ce pas ?

T’as de la chance, je suis quelqu’un de fondamentalement aimable (ou pas, mais on va faire comme si c’était le cas, ça facilite les contacts !)

Donc : en voyant ta bande annonce, j’ai ricané bêtement en me demandant si tu t’étais cru original, sur ce coup.

Se fendre la gueule sur le thème de la folie… C’est pas tellement inédit, tu sais ?
C’est même un des grands refrains de la psychophobie. (Ouais attends, je sais, j’utilise des mots que tu connais pas et qui sont même pas dans le dico. Alors je t’explique. La psychophobie, c’est l’ensemble des discriminations, des idées reçues, des clichés éculés, et autres brimades diverses que vivent les personnes malades psychiques – les fous-folles, quoi – dans notre société.).

Alors ouais, je me suis un peu foutue de toi : toi qui te présentes souvent comme novateur, qui amènes des nouveaux concepts d’émission… Tu fonces droit dans un cliché cuit et recuit, tellement recuit qu’il en est immangeable…? Bah merde alors, elle est où ton originalité ?

Par contre… Même si j’ai beaucoup ricané en me foutant de ta poire sur ce coup… Y a un truc qui me fait vachement moins marrer.

Hey, attends, je vais te parler de moi trois secondes. Vite fait hein.
Je fais partie des 1 personnes sur 5 (selon les statistiques de l’OMS) qui vivent avec des troubles psychiques.
Oh, t’inquiète, là je vais bien, j’ai appris à vivre avec, je vais carrément mieux que y a quelques années.
Mais avant ça, j’en ai sacrément bavé.
J’en ai bavé à cause de mes angoisses, de tout le toutim, mais pas que.

J’en ai aussi bavé sacrément parce que je crevais de peur d’être rejetée, qu’on découvre mes marques d’automutilation et qu’on s’éloigne de moi vitesse grand V parce que les fous font peur, qu’on me discrimine à l’embauche à cause de ça, ‘fin… tout ca.
Tout ça, c’est la réalité des personnes qui vivent avec des troubles psychiques.
Les fous-folles sont largement plus souvent victimes de violences diverses (physiques, sexuelles, psychologiques) que les personnes sans troubles psy. C’est comme ca. C’est comme ça dans notre société, et c’est bien dégueulasse.
Alors ouais, j’avais la trouille.
(Et dans une certaine mesure, je l’ai toujours, cette trouille. Parce que le nom de mon « trouble » fait peur (borderline, donc). Parce que c’est un de ces trucs dont on dit « c’est à vie ». Même si j’ai appris à vivre avec, même si je sais depuis un bon petit moment assez comment je fonctionne pour pouvoir éviter de partir en vrille… Le dire ouvertement, c’est VRAIMENT s’exposer à pas mal d’emmerdes, à ce qu’on me refuse un boulot quand je voudrai changer de taf, à ce qu’on me refuse un crédit si je veux emprunter de l’argent pour x raison. Tout ça. Tout ça et plein d’autres merdes.).

C’est ça, la psychophobie.

Et chaque fois qu’un glandu (‘scuse, je suis un peu moins polie pour le coup, mais c’est pour la bonne cause. Pis je crois que tu t’en fous un peu, de la politesse, n’est ce pas, toi qui te vante de tellement aimer le politiquement incorrect ?) dans ton genre fait son petit morceau d’humour sur les fous-folles, chaque fois qu’on trouve publiquement tellement fun de se foutre la gueule des gens en hôpital psy, chaque fois qu’on trouve que c’est tellement rigolo de comparer les gens à des fous pour les ridiculiser… Tout ca… Et bien c’est cette discrimination là qu’on renforce.

Alors ouais, franchement, Cyril, tu as vraiment fait de la merde.

Parmi tes spectateur.trices, il y en a un sur 5 qui s’est pris ces clichés dans la gueule comme une paire de baffes.
Et encore, je pense que certain.es se la seront pris encore bien plus durement que moi. Parce que personnellement, j’ai eu la chance de pouvoir me passer d’hospitalisation. Y a pas eu besoin. Mais pour beaucoup, oui, l’hôpital psy, c’est un passage obligé à un moment donné, parce qu’ils ont besoin de soins plus intensifs que ce qu’on peut leur fournir à l’extérieur (tu sais, exactement comme pour une autre maladie, hein…).
Et l’HP, c’est pas un endroit fun.
L’HP, c’est beaucoup de souffrances mises côte à côte dans le même bâtiment.
L’HP, c’est des fois des soignants chouettes, humains et compétents, mais pas toujours (vraiment pas !).
L’HP, c’est une privation de liberté qui n’est pas simple à encaisser et qui donne lieu aussi à pas mal d’abus.
L’HP, c’est des fois (trop souvent) carrément des maltraitances médicales.
L’HP, c’est des fois être contentionné (plus avec une camisole de force, mais sanglé sur un lit. C’est pas mieux).
L’HP, c’est aussi souvent beaucoup de solidarité entre les patient.es, et ça, personne le dit (soit on rigole des fous-folles, soit on a un regard plein de pitié sur eux, mais on n’imagine pas qu’entre eux, les patient.es puissent s’entraider, se soutenir. Et pourtant… )
‘fin bref. L’HP, c’est tout sauf un sujet de blagues qui ridiculisent les fous-folles.

Pis t’sais… J’ai un autre scoop. La maladie psychique, c’est une maladie. (Ouais, merci Captain Obvious).
Est-ce que ça te viendrait à l’idée de faire une bande annonce « Service d’oncologie » ? Ou « service des grands brûlés » ?
Non hein. Parce qu’on rigole pas avec le cancer ou sur les grands brulés, c’est pas fun comme sujet. C’est pas bien vu d’en rire (et heureusement, d’ailleurs, qu’on n’en rit pas, ça n’a rien de drôle).
Alors pourquoi la maladie psychique serait supposée être un sujet de blagues, alors que tout comme le cancer, c’est une vraie maladie ?

Et tu sais… J’ai encore un autre scoop. Même si aujourd’hui tu es en bonne santé psychique (du moins je suppose ?), peut-être que demain, tu vas faire une grosse dépression. Oui, ça peut arriver absolument à tout le monde, les troubles psychiques.
Donc peut-être que demain, ça sera toi, qui sera dans un hôpital psychiatrique en train de batailler pour retrouver la santé.

Est-ce que tu aurais envie de devenir un sujet de blague ?

Alors ouais, je sais, comme tu le dis souvent « La télé, c’est que d’la télé ».
Mais il se trouve que la télé, beaucoup de monde la regarde.
Et que quand tu véhicules de clichés pareils… D’une part tu fous une grande baffe dans la gueule à 1 spectateur.trice sur 5. Et d’autre part, tu renforces les clichés qui font que les 4 spectateur.trices restants risquent d’avoir des attitudes discriminatoires envers le premier.

Alors la télé, c’est des fois sacrément dangereux, quand ça véhicule des clichés de merde…

Allez.

Je te laisse réfléchir à tout ça.
Enfin… J’espère que tu y réfléchiras.

Lau’

Campagne de la Société Suisse des Entrepreneurs : la psychophobie au service du fric !

En vue des votations qui auront lieu tout prochainement en Suisse, les affiches politiques fleurissent comme un champ de fleurs au printemps (Bon, en moins joli…).

Parmi elles, une affiche a particulièrement retenu mon attention.
Et ma colère.
Surtout ma colère, d’ailleurs !

Elle a pour but de militer contre une initiative des Verts, visant à la réduction de la consommation des ressources de l’environnement et à leur utilisation d’une manière plus responsable dans une optique écologique.

Initiative qui est jugée liberticide par la Société Suisse des Entrepreneurs.

Je n’ai pas envie de débattre ici du fond du débat concernant cette initiative (ça serait très intéressant aussi, mais c’est pas le sujet).

Donc.

Ces Messieurs-Dames de la Société Suisse des Entrepreneurs, pour illustrer cette « privation de liberté », n’ont rien trouvé de mieux à faire que…

CA !

psychophobie-sse

Bon.

Petite description de l’image pour mes éventuels lecteurs.trices non-voyant.es qui liraient ce blog avec une synthèse vocale (habituellement je ne le fais pas parce que les images d’illustration sont relativement anecdotiques et peu importantes pour la compréhension du texte, mais là, c’est un peu le cœur du problème) :

Donc le texte, c’est : « Privations massives pour tous; non à l’initiative extrême des verts ».
Au centre de l’image, une personne dans une camisole de force verte, encore renforcée par deux sangles. On ne voit juste le bas du visage de la personne.

Donc : quel est le problème avec cette image, me direz vous peut-être si la notion de psychophobie vous est un peu inconnue ?

Attendez, j’vais vous expliquer (mais d’abord, je m’allume une clope, parce que vraiment, ça me fout en colère, vraiment vraiment).

Premier problème :

L’utilisation de la maladie psychique comme illustration / exemple dans une campagne qui n’a absolument rien à voir avec le sujet.

Devinez quoi ? On n’est pas des pions, des « exercice de style », des « figures rhétoriques ».
Grande nouvelle, oyé oyé bonne gens… LES PERSONNES VIVANT AVEC UNE MALADIE PSYCHIQUE SONT DES VRAIES PERSONNES, avec des vraies vies, des vrais souffrances, des vraies joies aussi. Bref. Une vie.

En prime : habituellement, la question de la maladie psychique est (cruellement) absente des préoccupations des politiciens. On s’en cogne un peu, en politique, des malades psy, de leurs conditions de soins, de leurs conditions de vie.

Donc sortir cet exemple de sa manche pour illustrer la privation de liberté, c’est particulièrement hypocrite.

Second problème :

La banalisation de l’image de la contention en psychiatrie.

Vous imaginez peut-être que c’est révolu, que c’est d’un autre temps, que c’est « Vol au dessus d’un nid de coucou ». Détrompez-vous. La contention (et ses abus massifs) est encore d’actualité en psychiatrie. Sangler à son lit un.e patient.e « agité.e » (ou parfois juste un peu trop rebelle face au cadre de l’hôpital psychiatrique…), c’est ENCORE d’actualité.

Le banaliser, le voir comme une figure de style, comme une anecdote, c’est complètement nier ce que vivent les patient.es soumis.es à ces contentions (qui sont critiqué.es par bien des associations de patient.es, d’ailleurs, tellement elles sont souvent des souvenirs traumatisants, déclancheurs d’un véritable Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT) chez de nombreux.ses patient.es psychiatriques.

Et vous, chère Société Suisse des Entrepreneurs, vous prenez le droit d’utiliser cette image comme une « figure de style » ?
Le respect, c’est optionnel ? Manifestement oui. Le respect envers les fous-folles, hein, on va quand même pas s’emmerder avec ça !

Troisième problème

Je l’ai précisé dans ma description de l’image : on ne voit pas le visage de la personne sur l’affiche.
Vous me direz peut-être que je chipote, mais c’est significatif : les fous-folles n’ont pas de visages. Les fous-folles sont uniquement leurs troubles, leur camisole. Pas des personnes. Pas des humain.es à part entière.
Dans l’opinion publique, je veux dire.
Déshumanisation ? Noooon, rien qu’un tout petit peu…

Quatrième problème

(Ce dernier point m’a été soufflé par un ami à la lecture de mon article, m’amenant à une lecture de cette affiche à laquelle je n’avais pas pensé)

La camisole est VERTE. Comme le parti politique à l’origine de l’initiative qui est combattue par cette campagne.
Donc on peut également faire la lecture suivante :

« Les Verts sont des fous !
Empêchons-les de nuire. »

Et là encore, on arrive dans un cliché tellement utilisé : « les personnes à qui on s’oppose en politique sont des fous, des malades mentaux, leur crédibilité politique est donc nulle ».
Utiliser « fou » et « pas crédible » comme quasi-synonyme EST un cliché psychophobe terriblement nocif, vu qu’il renforce l’image que la parole d’une personne malade psychique n’a aucune valeur, rien, du vent.

Et accessoirement… Les fous qu’ils faut « empêcher de nuire », dangereux, bons à enfermer, qu’on ne veut surtout pas côtoyer dans la société… C’est un des clichés à l’origine du plus de solitude, d’isolement et de souffrance chez les personnes vivant avec une maladie psychique.

Quel que soit l’opposant politique… NON, ça n’est pas un fou. C’est un politicien. Arrêtez de mêler la folie à vos désaccords politiques de tous bords !

Chère (dans tous les sens du terme, vu la masse de fric que vous brassez) Société Suisse des Entrepreneurs… Votre affiche pue à plein nez le manque de respect envers les personnes vivant avec une maladie psychique. Et votre manque de respect s’étale en format mondial sur les murs un peu partout en Suisse. Félicitations. Vous venez de renforcer des clichés et une stigmatisation qui tuent chaque année un nombre difficile à évaluer de personnes. Partout dans le monde. Y compris en Suisse.

Trop gros.se pour être opéré.e ? C’est d’actualité au Royaume Uni

Hey, ami.e.s gros.ses…

Vous prévoyez de déménager ? De changer d’air, de changer de pays ?
Vous trouvez que le charme brumeux de la ville de Londres, ou les pintes de bonne bière anglaise sont attrayants ?

Je vais vous donner une petite information qui va probablement vous faire réfléchir à deux fois à l’idée d’aller poser vos valises pour vous installer quelque part au Royaume Uni.

Donc…

Dans l’optique d’économiser sur les frais de santé publique, nos amis british ont eu une idée lumineuse.

Si vous êtes gros.se et que vous devez subir une intervention chirurgicale non vitale (genre vous faire réparer un ligament démoli, poser une prothèse de hanche ou que sais-je encore), on peut vous faire attendre jusqu’à un an.
Histoire qu’éventuellement ça vous « convainque » de perdre du poids.

Vous avez mal ?
Vous êtes limités dans vos déplacements ?
Handicapé dans votre vie quotidienne ?

C’est pas grave, perdez du poids, on vous opèrera si vous perdez 10% de votre poids corporel, sinon vous attendrez un an.

Va-t-on vous aider à perdre du poids ?
Vous fournir, en contrepartie de cette attente, un suivi adéquat pour vous accompagner ?
Bien sûr que non (il s’agit de faire des économies, n’est-ce pas… On ne va quand même pas dépenser de l’argent pour les gros.ses… Et puis bon, de toutes manières, c’est bien connu, un peu de volonté et de motivation, et hop, les kilos s’envolent. N’EST CE PAS ?)

Peut-être êtes vous, comme moi, en train de vérifier la date.
Non. Nous ne sommes pas le 1er avril. Ça n’est pas une foutue blague.

Mais après tout… est-ce que ça vous surprends vraiment, qu’on en arrive à ça ?

Il est bien connu que nous, les gros.ses, on fait enfler les coûts de la santé. Qu’on est juste des personnes qui négligeons notre santé, et qui, avait une carotte ou un bâton, pouvons être amenés à perdre du poids.

Si le Royaume-Uni a institutionnalisé cette pratique, il ne faut pas se voiler la face.
Le fait que des soins sont régulièrement refusés aux personnes obèses n’est pas une spécialité anglaise.
De très (trop) nombreux médecins examinent avec un sérieux très relatif la situation médicale des personnes en surpoids, se bornant à tout mettre sur le compte de leur poids, à leur dire de maigrir, et à jeter sur leur corps un regard chargé de condescendance.
Et ça, c’est vrai partout autour de nous.
La grossophobie du milieu médical n’est plus à prouver, de nombreuses personnes peuvent en témoigner.

Chers médecins, du Royaume-Uni ou d’ailleurs… Souvenez vous que vous avez fait le serment de soigner chaque patient.e au mieux.
Pas « chaque patient.e, sauf les gros.ses ».
Parce que oui, aussi étrange que cela puisse vous paraitre, nous sommes de vrais humain.es. Pas des amas de gras sur pattes.

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Les troubles psy : facteur explicatif lors d’actes criminels violents ?

Ces derniers temps, avec la vague d’articles et discussions fleurant bon la psychophobie qu’on voit surgir à chaque acte terroriste (ou considéré comme tel) commis par « des fous », la réponse assez unanime des personnes luttant contre la psychophobie est de rappeler que les troubles psychiques ne sont pas la cause, et de ramener la discussion sur le plan sociétal.

Et c’est important de le faire (ramener la discussion sur un plan sociétal, donc).

Par contre, au fil du temps, un malaise face au coté « sans nuance » de cette réponse est monté en moi.

Parce que à force de dire « les troubles psychiques n’ont rien à voir avec ça », j’ai quand même le sentiment qu’on passe à coté d’une partie de la réalité.
Et qu’on pourrait bien, à aller uniquement dans cette direction là, avoir sans le vouloir une attitude qui serait, elle aussi, psychophobe dans son refus de prendre en compte cet aspect-là de la réalité.

Je m’explique :

Prenons le jeune homme qui a tiré sur des gens dans un centre commercial en Allemagne.

Très rapidement, les journaux ont titré sur sa dépression (dont je vais supposer qu’elle est réelle. A priori, il avait un suivi psychiatrique à ce sujet, j’imagine donc que ça n’était pas pour passer le temps qu’il allait voir un psy, n’est ce pas ?).

La réponse unanime des militant.es contre la psychophobie a été de rappeler – à juste titre – que prendre un flingue et tirer sur des gens ne fait pas précisément partie des symptômes typiques de la dépression.

Et ça, évidemment, je ne vais pas dire le contraire : effectivement, ça n’est pas la dépression qui rend violent.

Par contre (et c’est là que j’ai un certain malaise à voir complétement évacué le facteur « troubles psychiques »), tout ce qu’il y a AUTOUR de la dépression peut amener, et ça j’en suis passablement persuadée, à des passages à l’actes aussi extrêmes que celui ci.

La colère générée par la stigmatisation des troubles psychiques, en premier lieu.
Dans le cas du jeune homme qui a tué plusieurs personnes à Munich, on sait qu’il était visiblement, entre autres, victime de harcèlement scolaire.
Sans dire que c’est une excuse, sans dire que ça « donne le droit » de tuer des gens, je peux concevoir que la colère et l’impuissance accumulées, ravalées, digérées, absorbées jour après jour, puissent amener à haïr l’humanité entière, ou à trouver des boucs-émissaires dans tel ou tel groupes de personnes.
Et donc à de tels passages à l’acte.
Je le répète : ça n’est pas un « permis de tuer », ni une explication unique, ni LA cause.

Mais nier complètement que ça puisse être un facteur, même au nom de la déstigmatisation des troubles psychiques, je le ressens vraiment comme une pente glissante, dans la mesure où on se permet de passer un grand coup de gomme sur tout un aspect de la réalité d’une personne pour éviter qu’elle ne rejaillisse sur les autres personnes atteintes de troubles psychiques.

Le besoin d’appartenance, ensuite.

Je vais vous dire un truc : quand j’allais vraiment mal, ce qui m’a tenue debout, c’est de me sentir « faire partie » d’un groupe. De pouvoir me reconnaitre dans d’autres personnes.
J’ai eu du bol : ce besoin, j’ai pu le combler en me rapprochant d’un forum d’entraide consacré aux troubles psychiques, où j’ai rencontré des gens « comme moi », qui sont devenus des amis (y compris IRL), des piliers, des soutiens précieux, et qui, aussi, m’ont permis de me sentir utile au travers de cette entraide, de voir que je n’étais pas une merde absolue, que je pouvais aussi apporter quelque chose autour de moi.
Je suis sérieuse quand je parle de « chance ». C’est pour beaucoup les hasards des rencontres, IRL et sur internet qui m’ont offert cette opportunité.

Mais ça m’amène à une certaine compréhension (et là encore, ça ne veut pas dire « c’est une excuse », mais bien « c’est un facteur explicatif ») envers des personnes qui vont se raccrocher à des appartenances disons… nettement moins recommandables, extrémistes violents de tout poil…

J’ai vu, dans des circonstances similaires, une personne de mon entourage se raccrocher à un groupe crasseusement néo-nazi et violent.
C’était assez effrayant de le voir répéter comme un bon perroquet bien dressé les discours de ses nouveaux « amis », quasiment mécaniquement.
Quand on discutait avec lui, en le connaissant un peu, on réalisait vite que dans le fond, il s’en foutait totalement, des idées politiques de ces gars. Il avait juste enfin trouvé des gens qui l’acceptaient tel qu’il était (ou du moins, qui en donnaient l’impression), et il aurait été prêt à énormément de trucs (y compris bien dégueulasses) pour continuer d’être accepté.

Faudrait-il uniquement le condamner pour les idées racistes et la violence qu’il véhiculait à l’époque, parce que « la dépression ne rend pas néo-nazi », ou ne serait-il pas plus utile (et moins psychophobe…) de prendre en compte – sans justifier et dédouaner pour autant – ce qui n’avait amené à ça, à savoir, oui, aussi ses troubles psy, son isolement, et son besoin d’appartenance ?

(Pour l’anecdote, une fois qu’il a été en meilleur état psychique, il a totalement coupé les ponts avec ses « amis » néo-nazis, et, sans dire qu’il « n’est pas raciste », il ne l’est du moins pas plus que le quidam lambda non sensibilisé à la question, avec quelques bonnes vieilles idées reçues certes, mais qui n’irait jamais jusqu’à la violence et la discrimination consciente et assumée…).

La sur-médiatisation des actes criminels (en particulier terroristes ou jugés comme tels) n’aide en rien :

Là aussi sans excuser ni dédouaner, je peux comprendre la logique qui amène une personne à qui l’entier ou presque de la société renvoie qu’il est le looser absolu, la sous-merde dont la vie est sans utilité, à vouloir « partir sur un coup d’éclat ».
Et la « voie royale » pour faire un gros coup d’éclat, actuellement, c’est de prendre un flingue et de tirer dans le tas.
Là, les médias vont diffuser ton image, ta photo, ton nom. Tu vas sortir de l’anonymat et devenir « quelqu’un », après avoir été un « rien ».
(C’est d’ailleurs pourquoi je trouve particulièrement pertinente la demande des auteurs de cette pétition que les médias ne diffusent plus le nom, la photo et l’histoire des terroristes suite à un attentat).

Le virilisme de la société rentre aussi en ligne de compte : aller mal, pleurer, se faire aider, se faire soutenir, ça n’est pas des comportements que la société accepte de la part « d’un homme, un vrai ».
Ceci aussi est un facteur explicatif (ai-je déjà dit qu’une explication n’est pas une excuse ?) au fait que certains vont chercher à appartenir non pas à un groupe d’entraide ou que sais-je encore, mais à s’identifier à un quelconque mouvement violent : quoi de plus « viril » que de cogner, insulter, voire, pourquoi pas, prendre un flingue et tuer ?

Je conclurais cet article en disant que effectivement, NON, les troubles psys ne sont pas EN SOI générateurs de violence.
Par contre, la stigmatisation, l’isolement, la marginalisation des personnes malades psychiques font partie des facteurs à prendre en compte (ajoutés à pleins d’autres) quand on cherche à comprendre ce qui peut amener un mec dépressif de 18 piges à prendre un flingue et tirer dans la foule d’un centre commercial.
Dire « les troubles psy n’ont rien à voir avec l’acte criminel », c’est donc un raccourci sacrément hasardeux, qui ne permet ni d’aider des gens en détresse à ne pas s’embarquer dans des comportements criminels, ni de faire réfléchir la société sur les conséquences dangereuses possibles – y compris pour les autres – de la stigmatisation des personnes malades psy.

On ne peut pas lutter contre la psychophobie en ne luttant que pour les malades psy « qui nous arrangent », ceux qui ne font pas la une des journaux par des actes violents qui font flipper.

Squeezie : grossophobe, sexiste… What else ?

« Laisse passer le Ronflex ».

Voilà comment, en début d’une vidéo sur PokemonGo, Squeezie, youtubeur bien connu et très suivi, parle d’une femme visiblement « en surpoids » qu’il croise dans la rue lors de son tournage.

Après avoir déjà fait polémique il y a quelques temps avec une vidéo présentant un jeu « trop lol » qui banalise totalement le harcèlement de rue et les agressions sexuelles (lire à ce sujet cet article du blog « Sans Compromis » qui avait relaté l’épisode), Squeezie tape cette fois ci dans le bon vieil humour grossophobe.

C’est TELLEMENT original, n’est-ce pas, de comparer une personne grosse à un animal (réel ou imaginaire).
Mes lecteur.trices gros.ses pourront confirmer que « Sauvez Willy », « Mate la grosse vache », et autres déclinaisons zoologiques, c’est CARREMENT INEDIT, n’est-ce pas ?

Se foutre de la gueule d’une grosse, quelle originalité…

C’est déjà lamentable venant du quidam lambda, mais venant d’un youtubeur suivi par des milliers de personnes, c’est un message particulièrement crade qui est délivré : « Se foutre de la gueule des gros.ses dans la rue, c’est totalement acceptable, d’ailleurs, même Squeezie le fait ».
Chouette message, y a pas à dire.

Légitimer le harcèlement de rue grossophobe, quelle excellente idée… Bravo et merci, Squeezie, non vraiment. On avait TOUT A FAIT besoin de ça.

Ce brave Squeezie sait-il que beaucoup de personnes grosses / en surpoids / obèses sont littéralement mortes de trouilles à l’idée de sortir, précisément à cause de ce genre de bouse ?

Ce brave Squeezie en a-t-il seulement quelque chose à foutre, de ne pas enfoncer à coup de latte dans la tronche des personnes déjà stigmatisées dans la société ?

Manifestement : non.

Ronflex
Pour les non-initié.es, Ronflex, c’est ce Pokemon. Squeezie n’a pas du prendre garde au fait qu’il a des griffes non négligeables, et qu’il pourrait bien se les prendre en travers de la figure, pour le coup…

Déjà bien en colère de cet nième vacherie grossophobe, un petit coup d’oeil au Twitter du youtubeur a parachevé le travail.

Une des dernières vidéos de Squeezie enfonce en masse les clichés du sexisme, de la grossophobie (encore), avec une petite touche de racisme et de classisme en rab. Et une bonne dose de slutshaming en guise de glaçage sur le gâteau de merde.

Ca fait rêver, n’est ce pas ?

Venez donc découvrir avec moi « Comment devenir répugnante ? », sa présentation d’un jeu qui permet d’endosser le rôle d’une moche qui veut devenir baisable (parce que c’est bien connu, les moches, les grosses, elles ne baisent pas, hein !).

Vous n’avez pas envie ?
Je comprends. Je me le suis infligée pour pouvoir écrire cet article en toute connaissance de cause, mais… AIE, MES YEUX, ILS SAIGNENT !

6 minutes 30 à entendre à quel point on est imbaisable si on est grosse et qu’on a de l’acné, à quel point à voir une nana « moche » se faire qualifier de « SDF qui a fait de la chirurgie esthétique », à voir Squeezie enfoncer les portes du slutshaming quant à la vie sexuelle de l’héroine du jeu… Ouais bon, je les aurais probablement utilisées plus agréablement en nettoyant mes chiottes.

Au delà des vidéos (dont je n’ai même pas envie de parler plus longuement, vu le niveau de leur contenu…), si j’ai décidé de prendre le temps de consacrer cet article à ces bouses, c’est parce que la visibilité dont bénéficie Squeezie, en particulier auprès d’enfants et d’adolescents, fait que ce genre de vidéo va bien au delà du simple « humour de mauvais goût ».

Je sais, je sais : Squeezie aime beaucoup se dédouaner en disant que « il n’est pas responsable du fait que les parents laissent leurs enfants regarder n’importe quoi sur internet ».

Pour autant, il ne crache pas dans la soupe quant il s’agit d’encaisser les revenus générés par ce public très jeune, n’est ce pas ?

Son choix d’adopter un langage « ado », il est délibéré et cible VOLONTAIREMENT ce public. Donc, want it or not, il DOIT assumer la responsabilité de l’impact sur ce jeune public de ce qu’il diffuse.

Dois-je rappeler que les « gros.ses », les « moches » font parties des cibles privilégiées du harcèlement scolaire ?
Dois-je rappeler que la banalisation du sexisme et du slutshaming contribue à la culture du viol, aux agressions sexuelles, y compris dans les cours d’école ?

Est-ce vraiment là le message qu’il souhaite faire passer à son public ?
Que les « gros.ses », les « moches » sont des trucs déshumanisés dont on peut se moquer à loisir ?
Que la femme est un bout de viande dont la valeur s’évalue au nombre de ses plans culs (Pas trop sinon c’est une salope, pas trop peu sinon c’est une moche frigide) ?

Est-ce qu’il va encore se dédouaner derrière la responsabilité des parents de contrôler ce que leurs enfants regardent, ou est-ce qu’il va, cette fois ci, prendre en compte ces remarques, et en tenir compte à l’avenir ?

Je crains malheureusement que l’attrait de l’argent facile, associé au succès de l’humour oppressif dans notre société, n’ait le dessus sur une certaine réflexion éthique sur les vidéos qu’il produit, mais… l’avenir nous le dira, n’est-ce pas ?