De l’obligation de perfection au silence radio

Ca fait quelques mois que je n’avais plus écrit ici.
Une certaine lassitude, un ras le bol de passer plus de temps à gérer des shitstorms autour de mes articles, qu’à écrire mes articles.

managing-a-shitstorm

Si au moins les shitstorms et autres réactions parfois surréalistes étaient venues des gros réac’ que j’épingle dans mes articles, des « hommes-hétéros-blancs-pleins-de-thune-cisgenre-valides », j’aurais pris la chose avec plus de philosophie : quand on écorche un système, il se rebiffe, c’est obligé.
Mais, ma foi, les gros réac’, ils m’ont toujours relativement laissé tranquille. Enfin, relativement, quoi. Des insultes par ci par là, quelques bons gros trolls faschos et masculinistes en mal de casser de la militante féministe, mais boarf… Rien qui soit dans le fond de nature à me bouleverser particulièrement. Je suis assez imperméables à ces insultes là.

Mais non.
Les plus massives, et de loin les plus nombreuses, des shitstorms venaient (et viendront encore, je suppose) du milieu militant féministe lui-même.

Pas assez ceci, trop cela, un terme mal choisi, une phrase mal formulée ou piochée au milieu d’un article en faisant caca sur le contexte, un peu trop de nuance, pas assez de réflexion en noir et blanc bien tranchés…

Et des pages et des pages d’échanges sur Facebook, sur Twitter, pour expliquer, recontextualiser, défendre, m’entendre dire que « Tu défends ton article, tu refuses de te remettre en question », m’entendre traiter de raciste, de transphobe, de grossophobe, de ceci, de cela. Et surtout, le sceau ultime du déshonneur, de PERSONNE PROBLEMATIQUE.
Avec les injonctions à « ne pas partager mon blog parce qu’il donne une visibilité à une personne problématique ». Avec, et là je crois que c’est ce qui me reste le plus en travers, les attaques par ricochet sur des personnes de mon entourage : « Ah, tu es en contact avec Lau’… ! Evidemment que tu ne peux dire que de la merde, pour supporter une personne pareille ». Outch. C’est tellement militant, de s’en prendre à l’entourage d’une personne et de lui faire payer l’addition par ricochet, n’est ce pas ?
Avec toutes les dynamiques d’exclusion et de stigmatisation interne au mouvement militant qui vont avec.

J’ai eu beau en rire, j’ai eu beau ironiser, j’ai eu beau me dire et me répéter que ça ne me toucherait pas et que ca ne saperait pas ma motivation, le fait est que le constat est là. Dernier article en octobre, plus rien depuis.

Et là j’ai envie de sortir du silence, et de ne pas laisser crever ce blog.

Je me suis demandé comment recommencer à écrire ici, quel bout de la pelote de ficelle j’allais bien pouvoir attraper pour revenir.

Et je me suis dit, au final, que c’est sur cette obligation de perfection du mouvement militant que j’allais écrire.

Parce que au delà de mon petit ras le bol (qui bon, au final, n’est pas très intéressant à développer, je ne vais pas vous détailler les shitstorms, c’est sérieusement dénué d’intérêt), ça me pose sérieusement question, cette injonction à la perfection militante. Politiquement, je veux dire. En terme de sens du combat, de but du mouvement militant, et de vision globale des choses.

Je vais essayer d’organiser ma pensée là autour pour expliquer ce que je vois de profondément dépolitisé dans cette traque aux « personnes problématiques ».

La personnification des « méchant.e.s oppresseur.euses » empêche de réfléchir à un niveau systémique.

Il y a une grosse contradiction entre la chasse aux « personnes problématiques » dans les milieux militants, et la prise en compte des facteurs systémiques qui amènent à avoir des COMPORTEMENTS, des PREJUGES, des SCHEMAS DE PENSEE, des PAROLES problématiques.

Pointer les PERSONNES problématiques revient à diviser le monde en deux sur une base non pas sociale, mais morale :

– Les gentil.les (traduits en jargon militant par « personnes safe » ou par « personnes déconstruites »).
– Les méchant.es (les fameuses PERSONNES PROBLEMATIQUES).

Combattre un système qui fonctionne en « les tenants de la norme et du pouvoir vs les autres » pour retomber dans une division qui reproduit exactement ce « nous vs les autres », en changeant juste les critères d’admissibilité pour faire partie du « nous », pour vous je ne sais pas, mais personnellement, il y a une grosse « alerte mauvaise idée » qui se déclenche.

En admettant qu’une bonne Fée Ministe débarque demain sur Terre pour créer, d’un coup de baguette magique, un monde plus juste, plus égalitaire, je vous parie mes deux mains que si elle a l’idée pourrie d’en confier la bonne marche à ces super-militant.es safe adeptes de la traque aux personnes problématiques, on ne mettra pas long à constater qu’on a juste déplacé le problème, mais que finalement on n’a rien changé de fondamental : on aura toujours les détenteur.ices de la Vérité (et donc du Pouvoir). Et on aura toujours les personnes qui rament comme des galérien.nes derrière.

On ne transforme pas un système social en personnifiant les « agresseur.euses », les « méchant.es », les « problématiques ».
On ne change rien en désignant des bouc-émissaires porteurs de la culpabilité de toute la merde du monde.

A l’inverse, c’est en sortant de la lecture morale (« bien vs mal ») qu’on peut comprendre (puis modifier) un fonctionnement de société : il n’y a pas de « gentil.les » ni de « méchant.es », il y a des personnes occupant différentes places (qu’elles n’ont pas choisi, ou très partiellement) dans un gigantesque engrenage où chaque roue en entraine une autre.

Les personnes problématiques, ces causes perdues

Si on reste sur cette vision morale qui divise « personnes déconstruites/safe » et « personnes problématiques », quel intérêt y aurait-il à communiquer avec les « problématiques », les « agresseur.euses » ?
Aucun, n’est ce pas, vu que ces personnes ne méritent pas qu’on gaspille notre énergie de bon.nes militant.es safe et déconstruit.es pour elles ?

Ok. Expliquez moi comment on les amène à déconstruire leurs préjugés, leurs comportements, leurs attitudes, tout ça… Sans communiquer avec ces personnes ?
Sans expliquer ?
Sans – au besoin – gueuler très fort dans leurs oreilles ?

Et si on ne les amène pas à un changement quelconque, d’une manière qui leur permette réellement de changer (indice : non, étiqueter quelqu’un comme « personne problématique », ou « raciste », ou « agresseur.euse », ou peu importe quelle étiquette n’aidera jamais en soi quelqu’un à changer d’attitude. Ca serait chouette si c’était aussi facile, si ça faisait office de baguette magique, mais ça ne marche pas), comment peut-on espérer une forme de changement sociétal ?

La seule manière de ne jamais être problématique : fermer sa gueule. Les personnes qui n’agissent pas ne se plantent jamais.

Dernier point qui me fait sévèrement grincer des chicots dans cette chasse acharnée à la personne problématique :

Elle met indiscutablement en danger les personnes qui ESSAIENT d’agir.
Personne n’étant à l’abri de se planter, de dire une grosse merde, d’avoir un raisonnement complètement foireux une fois ou l’autre, toute personne qui essaie de produire des choses (des textes, des actions, quelque chose) se retrouve sous la loupe.

On en arrive donc à avoir des militant.es qui ne militent plus que par la destruction des actions militantes imparfaites des autres.

Faire annuler une conférence, crier très fort qu’il ne faut pas lire tel ou tel blog, désigner des militant.es à ne surtout pas  citer « parce que c’est des personnes problématiques ».

Je ne dis pas que ça n’est jamais compréhensible, hein, de faire annuler une conférence ou de déconseiller la lecture d’un texte qui véhicule des idées pourraves.

Mais par contre, est-ce que ça produit quelque chose, en contrepartie ?

Nope.

Et – là on va surement me dire que je suis très mauvaise langue, hein – mais j’ai tendance à faire la constatation suivante :

Les personnes les plus acharnées à traquer les personnes problématiques, à reprendre les autres sur un terme mal choisi, à critiquer vertement tel ou tel article, telle ou telle action… ça n’est pas très souvent les personnes qui consacrent le plus de temps et d’énergie à essayer d’imaginer des choses, de créer des choses.

Je suis bien consciente du coté très euh… problématique… de cette dernière remarque, parce qu’elle pourrait largement passer pour du « si tu n’as pas la possibilité de faire activement des choses, tu n’as plus qu’à fermer ta gueule ». Ca n’est pas mon but.
Et mon but n’est pas non plus de dire que toute critique est négative et destructrice.

Par contre, c’est face à une certaine forme de militantisme, qui passe majoritairement par la critique non pas de la société, mais d’autres membres du mouvement militant, que j’ai une certaine colère.

Quand tu produis (des textes, des actions, whatever), tu t’exposes.
Aux yeux de la société « non déconstruite », je veux dire.
Pour prendre mon exemple (parce que c’est celui que je connais le mieux, par la force des choses) : en faisant le choix de diffuser ce blog sans cacher mon identité, avec une photo de moi par ci par là, en le diffusant avec mon compte personnelle sur les réseaux sociaux, je prends une certaine part de risque.
En lançant une pétition signée de mon nom contre un évêque tenant des propos homophobes, j’ai pris une certaine part de risque (qui m’a valu quelques messages d’insultes bien gratinés).
Concrètement, je sais que le jour où je chercherais un boulot, si quelqu’un google mon nom, cette personne a intérêt à être OK d’engager une personne qui assume ouvertement sa non-hétérosexualité, le fait d’avoir une petite dose de particularités psy, et qui est plus ou moins une grande gueule (tout à fait ce que les patrons aiment avoir dans leur équipe, n’est ce pas ?)
D’autres personnes que je connais ont été menacées de mort, de viol, et autres joyeusetés du genre pour leurs articles et leurs prises de position.

Est-ce que c’est vraiment tenable de demander aux personnes qui acceptent de prendre cette part de risque là de devoir complètement tirer un trait sur tout espoir de bienveillance et de soutien de la part d’autres militant.es à la moindre erreur de parcours ?

J’ai vu trop de personnes lâcher toute forme d’action militante non pas à cause des risques encourus vis à vis de la société, mais à cause de l’exigence absolue de perfection au sein des milieux militants.
J’ai vu trop de personnes avoir carrément PEUR d’écrire un article, non pas en se disant « je vais me ramasser de la merde fascho / homophobe / masculiniste / whatever en retour », mais en se disant « si je fais la moindre boulette, je vais m’en prendre plein la gueule dans le milieu militant ».

Est-ce que c’est ça qu’on veut, et est-ce que c’est comme ça qu’on va arriver à faire changer quoi que ce soit, et pas uniquement à s’auto-congratuler d’être très très « safe » et très très « déconstruit.es » ?

[Traduction]Quand la transphobie et la psychophobie se donnent la main pour pousser un ado au suicide

J’ai décidé de traduire cet article (l’article original est ici), initialement paru en anglais sur Gaystarnews, un site LGBT, parce qu’il témoigne de manière criante des conséquences de la transphobie du personnel médical, ajoutée à la psychophobie qui fait qu’un ado suicidaire n’est pas pris au sérieux dans ces besoins parce qu’après tout, c’est juste « un dingue », et qui se préoccupe de la parole d’un dingue, à plus forte raison quand c’est un adolescent…

Au delà de mettre en lumière cette situation précise, c’est aussi une manière de rappeler clairement que non, mégenrer délibérément quelqu’un n’est pas un acte anodin. Mégenrer une personne trans, c’est cracher sur qui est cette personne. C’est lui rappeler que l’entier de la société se prend le droit de décider à sa place de son identité.
Et oui, ça peut tuer. Ca tue, en fait. Beaucoup trop souvent.

RIP, Kyler.

(Comme à chaque traduction, je vous rappelle que je ne suis ni traductrice professionnelle, ni bilingue. J’ai certes un niveau d’anglais correct, mais il est tout à fait possible que j’aie laissé passer des erreurs de traduction. N’hésitez pas à me les signaler en commentaire.)

 Un adolescent trans se suicide après avoir été répétitivement traité de fille par les infirmier.es de l’hôpital.

« Iels empiraient sa situation. Iels l’ont complètement traumatisé ».

kyler
Kyler Prescott lors de la cérémonie des promotions

Un adolescent s’est suicidé après avoir été nargué répétitivement par le personnel de l’hôpital alors qu’il était en surveillance rapprochée pour prévenir un suicide.

Kyler Prescott, qui avait tout juste 14 ans quand il est décédé, était envahi par l’anxiété et la dépression quand il a mis fin à ses jours en mai 2015.

Dans les semaines précédent sa mort, l’adolescent du Sud de la Californie avait été admis dans l’unité de psychiatrie infantile de l’Hôpital pour Enfants Rady, à San Diego, pour une surveillance rapprochée de 72 heures pour prévenir un suicide.

Mais pendant son séjour là bas, le personnel de l’hôpital s’est continuellement adressé à Kyler comme étant une fille. « Il est tombé dans une spirale ».

« Il était envahi par l’angoisse », explique sa mère Katherine Prescott. « Le personnel de l’hôpital le faisait aller de pire en pire. Iels le traumatisaient complètement ».

Cette semaine, Katherine Prescott s’est portée partie civile contre l’hôpital auprès de la Court de District de Californie du Sud, affirmant que le personnel médical a violé durant le séjour de Kyler les lois fédérales et les lois de l’Etat protégeant les individus contre les discriminations.

Et, bien que Prescott insiste sur le fait qu’elle ne blâme pas l’hôpital pour la mort de son fils, elle veut que les responsabilités soient mises en évidence pour « être sûre que cela n’arrivera pas à d’autres enfants et adolescents ».

« Quand mon fils était désespéré, j’ai fait confiance à l’Hôpital pour Enfants Rady pour assurer sa sécurité et son bien-être », a dit Prescott au Washington Post.

« Les hôpitaux sont supposés être des endroits surs, qui aident les gens quand ils en ont besoin. Au lieu de se remettre à l’hôpital, Kyler est allé encore plus mal parce que le personnel l’a continuellement traumatisé en le genrant au féminin et en ignorant ses sérieux problèmes de santé. »

« C’est douloureux de témoigner, mais je veux faire ce qu’il faut pour qu’aucun autre parent ou enfant n’ait à traverser ces épreuves. »

L’Hôpital pour Enfants Rady a San Diego dispose d’un service spécialisé dans les questions de genre, pour aider des jeunes à gérer leur dysphorie de genre.

Dans un communiqué, l’hôpital affirme que « Notre priorité absolue est de fournir le plus haut niveau de soins à nos patients et à leurs familles ».

« Bien que la politique de l’Hopital Rady est de ne pas faire de commentaire sur des procédures juridiques en cours, nous assurons que chaque accusation de faute professionnelle, incluant la discrimination, est investiguée en profondeur et qu’il y a un suivi à ce sujet », ont-ils ajouté.

Kyler a écrit un poème dans les semaines précédent sa mort.

« Je l’ai cherché pendant des années, mais j’ai l’impression de m’éloigner de lui à chaque jour qui passe.
Il est enfermé dans ce corps, attaché par les chaines de la société qui l’empêchent de s’échapper.
Mais un jour, je briserai ces chaines. Un jour, je le libèrerai.
Et je pourrais finalement me regarder dans le miroir. Et me voir –
Le garçon que j’aurais toujours dû être ».

 

Si vous êtes gros.se, pour manger tranquille, mangez caché.e.

Loin de moi l’idée de vous le conseiller sérieusement, de vous cacher pour manger, hein.

Mais le fait est que dans notre société grossophobe, on en est là.

Un.e gros.se qui mange publiquement est supposé, forcément, être en train de se gaver.
Peu importe qu’il soit midi, donc une heure ma fois assez logique pour manger vite fait un sandwich dans le bus pour gagner du temps. Un.e gros.se est automatiquement présupposé être en train de manger son 10ème sandwich.
Peu importe qu’il fasse 40° et que la moitié des gens de la ville ait une glace à la main. Un.e gros.se ne devrait pas, oh non surtout pas, manger de glace. C’est forcément sa 5ème de la journée de toutes manières.

Un.e gros.se qui mange et qui, affront ultime au bon goût visuel de ces concitoyen.nes minces, a le culot de le faire publiquement, c’est forcément QUELQU’UN QUI SE GAVE.

Vous voulez un exemple ?

Allez, cette petite situation juste tout à l’heure, dans le bus.

Une amie et moi, toutes deux grosses, mangeons nos sandwichs (t’sais, le truc que pas mal de gens font à midi quand ils ont pas le temps / pas l’envie de faire à manger).

sandwich
En vrai, il était moins beau que ça le sandwich, mais celui ci a l’air délicieux !

Mon amie mange un bout de son sandwich, puis le repose dans le sac parce qu’elle n’a plus faim.

Je lui demande :

« Tu cales ? »

En face de nous, un petit groupe de meufs :

« Lol ! La grosse qui lui demande si elle cales, pis l’autre qui répond que oui, alors que vu comme elle est grosse, elle doit en manger 10 par jours ».

Je n’ai malheureusement pas entendu ce qu’elles disaient sur le moment, c’est mon amie qui m’a dit ça une fois descendue du bus. Gros regret, parce qu’elles se seraient pris la honte de leur vie à se faire afficher dans les règles de l’art dans le bus bondé.

Et non, ça n’est pas « exceptionnel ». C’est habituel.
Un pote qui s’est retrouvé avec moi dans le métro une fois où je mangeais mon sandwich m’a dit avoir été choqué des regards et des remarques.
Moi je n’avais même pas remarqué. Parce que je ne remarque plus, la plupart du temps, tellement c’est habituel et quotidien. Ca fait partie du paysage quotidien dès que je suis hors de chez moi.

J’ai entendu une responsable hiérarchique me dire que « le regard que les gens posent sur toi quand tu manges au travail n’est pas neutre, tu devrais faire attention à ça. ». (Je présume que « les gens », c’était surtout elle, hein, mais bon… S’agirait pas d’assumer de trop sa grossophobie, quand même).

Au travail. Relax.
Non, je n’ai pas à faire attention à ça.
Si j’ai la dalle, j’ai parfaitement le droit de manger un truc. Exactement comme mes collègues minces. Et si ça les dérange de voir une grosse manger, ma foi, d’une part c’est peut-être à eux de se poser des questions sur leurs représentations. Et d’autre part, si vraiment c’est insoutenable pour leurs pauvres mirettes, bah qu’ils regardent ailleurs, au pire !

Je pourrais en lister des centaines, d’anecdotes sur des remarques, des regards concernant le fait que j’aie l’audace de manger devant des gens.

Si ça ne m’atteint plus, c’est loin d’avoir toujours été le cas.
Et si ça ne m’atteint plus, c’est bien loin d’être le cas de tou.te.s les gros.ses.

J’en connais beaucoup (trop) qui n’osent pas manger en public pour éviter ça.
J’en connais beaucoup qui, s’iels doivent vraiment manger en public, vont éviter de manger à leur faim pour bien prouver qu’iels ne mangent pas trop. C’est bien connu. Une gros.se qui mange une salade verte (sans trop de sauce s’il vous plait !), ça passe. C’est bien, iel essaie de perdre du poids, iel essaie de revenir vers la sacro sainte norme !

Alors j’ai envie de faire un petit rappel :

– Les gros.ses ont aussi besoin de manger pour vivre. Un.e gros.se qui arrête de manger, à terme, iel meurt.
– On peut être gros.se et manger parfaitement normalement en terme de quantité. Sisi. Vraiment. Donc non, le sandwich que vous nous voyez manger dans le bus n’est pas forcément le 10ème. Il est même assez probable que ça soit notre sandwich tout ce qu’il y a de plus normal, pour un repas tout ce qu’il y a de plus normal.
– Si ca n’est pas le cas et qu’on surbouffe réellement (oui, ça existe, les troubles du comportement alimentaire), ça n’est en tous cas pas votre mépris, vos moqueries et vos remarques de merdes qui vont aider à guérir de ces troubles alimentaires.
– Vos gueules. Ouais en fait, juste ça. Taisez vous. Et regardez ailleurs si on vous dérange tant. Mais foutez nous la paix.

« j’espère que son psy lui a dit que manger c plus important dans la hiérarchie des priorités que de faire chier le monde parce qu’elle a pas l’air au courant »

Le titre de cet article, c’est un copier coller d’un des critères de recherche qui ont amené quelqu’un sur mon blog.

Y a beaucoup de trucs un peu absurdes dans les critères de recherche qui ont amené des gens à se retrouver sur mon blog (j’ai notamment tout un lectorat à la recherche d’images scatophiles, à cause du référencement de mon article « Pipi caca prout et autres hontes féminines« … sisi, je vous assure. Ca me fait toujours beaucoup rigoler que des personnes à la recherche d’images scatophiles arrivent sur mon blog. Les pauvres… ça ne doit vraiment pas correspondre à leurs attentes !)

Par contre, c’est la première fois que, en lisant les termes du critère de recherche, j’ai eu envie de pleurer de rage…

« j’espère que son psy lui a dit que manger c plus important dans la hiérarchie des priorités que de faire chier le monde parce qu’elle a pas l’air au courant ».

Au-secours. Vraiment.

Alors, cher.e lecteur.trice qui manifestement, te préoccupe du fait que la personne de ton entourage qui est anorexique (ou autre difficulté psy qui lui rend difficile le fait de manger) « arrête de faire chier le monde », je tenais à te répondre personnellement. Et publiquement.

Promis, je vais te répondre constructivement dans quelques secondes, mais d’abord…

Tu es prié.e d’aller bouffer une poignée de clous et de t’étouffer avec.

Voilà, c’est dit. Et très honnêtement, j’ai déjà fait un effort : les phrases qui me venaient spontanément étaient pas mal plus violentes et gore.

Bon.

Maintenant que je suis raisonnablement défoulée, et donc apte à répondre constructivement…

Je voudrais rappeler quelques fondamentaux :

– Si une personne ne mange pas, elle a des raisons pour le faire.

Soit elle a une maladie physique qui nuit à son appétit (mais curieusement, je ne pense pas que tu aurais parlé de « son psy » dans ce cas là, n’est ce pas ?).
Soit elle a une maladie psychique type dépression qui lui coupe l’appétit.
Soit elle a une maladie psychique qui se cible spécifiquement sur l’alimentation, à savoir un trouble du comportement alimentaire, et, dans le cas précis, probablement l’anorexie.

Et C’EST PAS UN CAPRICE.

Aucune de ces raisons n’est « un caprice ».

Aucune de ces raisons n’est « pour faire chier le monde ».

– Les troubles du comportement alimentaire tuent.

Excuse moi d’être un peu plus inquiète pour la personne anorexique que pour son entourage. Mais en vrai, l’anorexie tue. Parce que en vrai, le corps humain, il a besoin de bouffe pour fonctionner. T’sais, les organes, le coeur, le cerveau, les muscles, tout ça.

Donc oui, une personne que des troubles psy empêchent de manger suffisamment est en danger de mort. Rien que ça. A terme, hein. Pas en deux jours. Mais quand même. C’est un risque bien réel.

– Les réactions merdiques de l’entourage sont une réelle source de souffrance.

Et, excuse moi de te dire ca, te préoccuper du fait qu’elle « arrête de faire chier le monde » et voir sa difficulté à manger comme étant une manière de « faire chier le monde », ouaip, ça rentre vraiment dans la catégorie « réaction merdique ».

Vivre avec un trouble psy – quel qu’un soit – est déjà en soi source de souffrance, de difficultés, je t’assure. On n’a vraiment pas besoin qu’on nous voit comme des personnes capricieuses qui « font chier le monde » avec nos « bizarreries ».
On a besoin de soutien, pas de jugement.

– Pourquoi je t’ai répondu publiquement ?

Déjà, parce que je n’ai aucun autre moyen de m’adresser à toi.
Et ensuite : parce que franchement, je sais que vous êtes beaucoup à penser comme ça. Et que tant qu’à faire, si vous pouviez être quelqu’un.es à pouvoir réfléchir un peu sur vos préjugés pourraves, ça serait toujours ça de pris, et toujours ça de souffrances en moins pour vos proches…

Allez… Bye.
Et tout mon soutien à ta pote, ta soeur, ton amie, ta copine ou qui sais-je encre qui « fait chier le monde en ne mangeant pas ». J’espère qu’elle va se sortir de là, et qu’elle n’est SURTOUT PAS tombée sur un psy qui va la voir comme une emmerdeuse capricieuse. Parce que figure toi que oui, des psy comme ca, il y en a.
Et j’espère que son entourage n’est pas composé uniquement de personnes qui pensent qu’elle fait chier le monde.

tu-voudrais-pas-te-taire

Cyril Hanouna, Touche Pas à Ma Folie !

Salut Cyril !

Tu permets, je te tutoie. Après tout, tu appelles tes spectateurs « mes chéris », alors je crois qu’on est assez intimes pour que je puisse te tutoyer !

Permets moi de te dire que j’ai trouvé ta dernière bande annonce très drôle.

hanouna-psychophobie

Vraiment. Je t’assure.

J’ai beaucoup ri. (Tu aimes, hein ?)

De toi. (Tu aimes moins ?)

Bon. Maintenant que je t’ai expliqué que je me suis allègrement foutue de ta gueule en voyant cette bande annonce, je pense qu’il serait assez aimable de ma part de t’expliquer pourquoi, n’est ce pas ?

T’as de la chance, je suis quelqu’un de fondamentalement aimable (ou pas, mais on va faire comme si c’était le cas, ça facilite les contacts !)

Donc : en voyant ta bande annonce, j’ai ricané bêtement en me demandant si tu t’étais cru original, sur ce coup.

Se fendre la gueule sur le thème de la folie… C’est pas tellement inédit, tu sais ?
C’est même un des grands refrains de la psychophobie. (Ouais attends, je sais, j’utilise des mots que tu connais pas et qui sont même pas dans le dico. Alors je t’explique. La psychophobie, c’est l’ensemble des discriminations, des idées reçues, des clichés éculés, et autres brimades diverses que vivent les personnes malades psychiques – les fous-folles, quoi – dans notre société.).

Alors ouais, je me suis un peu foutue de toi : toi qui te présentes souvent comme novateur, qui amènes des nouveaux concepts d’émission… Tu fonces droit dans un cliché cuit et recuit, tellement recuit qu’il en est immangeable…? Bah merde alors, elle est où ton originalité ?

Par contre… Même si j’ai beaucoup ricané en me foutant de ta poire sur ce coup… Y a un truc qui me fait vachement moins marrer.

Hey, attends, je vais te parler de moi trois secondes. Vite fait hein.
Je fais partie des 1 personnes sur 5 (selon les statistiques de l’OMS) qui vivent avec des troubles psychiques.
Oh, t’inquiète, là je vais bien, j’ai appris à vivre avec, je vais carrément mieux que y a quelques années.
Mais avant ça, j’en ai sacrément bavé.
J’en ai bavé à cause de mes angoisses, de tout le toutim, mais pas que.

J’en ai aussi bavé sacrément parce que je crevais de peur d’être rejetée, qu’on découvre mes marques d’automutilation et qu’on s’éloigne de moi vitesse grand V parce que les fous font peur, qu’on me discrimine à l’embauche à cause de ça, ‘fin… tout ca.
Tout ça, c’est la réalité des personnes qui vivent avec des troubles psychiques.
Les fous-folles sont largement plus souvent victimes de violences diverses (physiques, sexuelles, psychologiques) que les personnes sans troubles psy. C’est comme ca. C’est comme ça dans notre société, et c’est bien dégueulasse.
Alors ouais, j’avais la trouille.
(Et dans une certaine mesure, je l’ai toujours, cette trouille. Parce que le nom de mon « trouble » fait peur (borderline, donc). Parce que c’est un de ces trucs dont on dit « c’est à vie ». Même si j’ai appris à vivre avec, même si je sais depuis un bon petit moment assez comment je fonctionne pour pouvoir éviter de partir en vrille… Le dire ouvertement, c’est VRAIMENT s’exposer à pas mal d’emmerdes, à ce qu’on me refuse un boulot quand je voudrai changer de taf, à ce qu’on me refuse un crédit si je veux emprunter de l’argent pour x raison. Tout ça. Tout ça et plein d’autres merdes.).

C’est ça, la psychophobie.

Et chaque fois qu’un glandu (‘scuse, je suis un peu moins polie pour le coup, mais c’est pour la bonne cause. Pis je crois que tu t’en fous un peu, de la politesse, n’est ce pas, toi qui te vante de tellement aimer le politiquement incorrect ?) dans ton genre fait son petit morceau d’humour sur les fous-folles, chaque fois qu’on trouve publiquement tellement fun de se foutre la gueule des gens en hôpital psy, chaque fois qu’on trouve que c’est tellement rigolo de comparer les gens à des fous pour les ridiculiser… Tout ca… Et bien c’est cette discrimination là qu’on renforce.

Alors ouais, franchement, Cyril, tu as vraiment fait de la merde.

Parmi tes spectateur.trices, il y en a un sur 5 qui s’est pris ces clichés dans la gueule comme une paire de baffes.
Et encore, je pense que certain.es se la seront pris encore bien plus durement que moi. Parce que personnellement, j’ai eu la chance de pouvoir me passer d’hospitalisation. Y a pas eu besoin. Mais pour beaucoup, oui, l’hôpital psy, c’est un passage obligé à un moment donné, parce qu’ils ont besoin de soins plus intensifs que ce qu’on peut leur fournir à l’extérieur (tu sais, exactement comme pour une autre maladie, hein…).
Et l’HP, c’est pas un endroit fun.
L’HP, c’est beaucoup de souffrances mises côte à côte dans le même bâtiment.
L’HP, c’est des fois des soignants chouettes, humains et compétents, mais pas toujours (vraiment pas !).
L’HP, c’est une privation de liberté qui n’est pas simple à encaisser et qui donne lieu aussi à pas mal d’abus.
L’HP, c’est des fois (trop souvent) carrément des maltraitances médicales.
L’HP, c’est des fois être contentionné (plus avec une camisole de force, mais sanglé sur un lit. C’est pas mieux).
L’HP, c’est aussi souvent beaucoup de solidarité entre les patient.es, et ça, personne le dit (soit on rigole des fous-folles, soit on a un regard plein de pitié sur eux, mais on n’imagine pas qu’entre eux, les patient.es puissent s’entraider, se soutenir. Et pourtant… )
‘fin bref. L’HP, c’est tout sauf un sujet de blagues qui ridiculisent les fous-folles.

Pis t’sais… J’ai un autre scoop. La maladie psychique, c’est une maladie. (Ouais, merci Captain Obvious).
Est-ce que ça te viendrait à l’idée de faire une bande annonce « Service d’oncologie » ? Ou « service des grands brûlés » ?
Non hein. Parce qu’on rigole pas avec le cancer ou sur les grands brulés, c’est pas fun comme sujet. C’est pas bien vu d’en rire (et heureusement, d’ailleurs, qu’on n’en rit pas, ça n’a rien de drôle).
Alors pourquoi la maladie psychique serait supposée être un sujet de blagues, alors que tout comme le cancer, c’est une vraie maladie ?

Et tu sais… J’ai encore un autre scoop. Même si aujourd’hui tu es en bonne santé psychique (du moins je suppose ?), peut-être que demain, tu vas faire une grosse dépression. Oui, ça peut arriver absolument à tout le monde, les troubles psychiques.
Donc peut-être que demain, ça sera toi, qui sera dans un hôpital psychiatrique en train de batailler pour retrouver la santé.

Est-ce que tu aurais envie de devenir un sujet de blague ?

Alors ouais, je sais, comme tu le dis souvent « La télé, c’est que d’la télé ».
Mais il se trouve que la télé, beaucoup de monde la regarde.
Et que quand tu véhicules de clichés pareils… D’une part tu fous une grande baffe dans la gueule à 1 spectateur.trice sur 5. Et d’autre part, tu renforces les clichés qui font que les 4 spectateur.trices restants risquent d’avoir des attitudes discriminatoires envers le premier.

Alors la télé, c’est des fois sacrément dangereux, quand ça véhicule des clichés de merde…

Allez.

Je te laisse réfléchir à tout ça.
Enfin… J’espère que tu y réfléchiras.

Lau’

Campagne de la Société Suisse des Entrepreneurs : la psychophobie au service du fric !

En vue des votations qui auront lieu tout prochainement en Suisse, les affiches politiques fleurissent comme un champ de fleurs au printemps (Bon, en moins joli…).

Parmi elles, une affiche a particulièrement retenu mon attention.
Et ma colère.
Surtout ma colère, d’ailleurs !

Elle a pour but de militer contre une initiative des Verts, visant à la réduction de la consommation des ressources de l’environnement et à leur utilisation d’une manière plus responsable dans une optique écologique.

Initiative qui est jugée liberticide par la Société Suisse des Entrepreneurs.

Je n’ai pas envie de débattre ici du fond du débat concernant cette initiative (ça serait très intéressant aussi, mais c’est pas le sujet).

Donc.

Ces Messieurs-Dames de la Société Suisse des Entrepreneurs, pour illustrer cette « privation de liberté », n’ont rien trouvé de mieux à faire que…

CA !

psychophobie-sse

Bon.

Petite description de l’image pour mes éventuels lecteurs.trices non-voyant.es qui liraient ce blog avec une synthèse vocale (habituellement je ne le fais pas parce que les images d’illustration sont relativement anecdotiques et peu importantes pour la compréhension du texte, mais là, c’est un peu le cœur du problème) :

Donc le texte, c’est : « Privations massives pour tous; non à l’initiative extrême des verts ».
Au centre de l’image, une personne dans une camisole de force verte, encore renforcée par deux sangles. On ne voit juste le bas du visage de la personne.

Donc : quel est le problème avec cette image, me direz vous peut-être si la notion de psychophobie vous est un peu inconnue ?

Attendez, j’vais vous expliquer (mais d’abord, je m’allume une clope, parce que vraiment, ça me fout en colère, vraiment vraiment).

Premier problème :

L’utilisation de la maladie psychique comme illustration / exemple dans une campagne qui n’a absolument rien à voir avec le sujet.

Devinez quoi ? On n’est pas des pions, des « exercice de style », des « figures rhétoriques ».
Grande nouvelle, oyé oyé bonne gens… LES PERSONNES VIVANT AVEC UNE MALADIE PSYCHIQUE SONT DES VRAIES PERSONNES, avec des vraies vies, des vrais souffrances, des vraies joies aussi. Bref. Une vie.

En prime : habituellement, la question de la maladie psychique est (cruellement) absente des préoccupations des politiciens. On s’en cogne un peu, en politique, des malades psy, de leurs conditions de soins, de leurs conditions de vie.

Donc sortir cet exemple de sa manche pour illustrer la privation de liberté, c’est particulièrement hypocrite.

Second problème :

La banalisation de l’image de la contention en psychiatrie.

Vous imaginez peut-être que c’est révolu, que c’est d’un autre temps, que c’est « Vol au dessus d’un nid de coucou ». Détrompez-vous. La contention (et ses abus massifs) est encore d’actualité en psychiatrie. Sangler à son lit un.e patient.e « agité.e » (ou parfois juste un peu trop rebelle face au cadre de l’hôpital psychiatrique…), c’est ENCORE d’actualité.

Le banaliser, le voir comme une figure de style, comme une anecdote, c’est complètement nier ce que vivent les patient.es soumis.es à ces contentions (qui sont critiqué.es par bien des associations de patient.es, d’ailleurs, tellement elles sont souvent des souvenirs traumatisants, déclancheurs d’un véritable Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT) chez de nombreux.ses patient.es psychiatriques.

Et vous, chère Société Suisse des Entrepreneurs, vous prenez le droit d’utiliser cette image comme une « figure de style » ?
Le respect, c’est optionnel ? Manifestement oui. Le respect envers les fous-folles, hein, on va quand même pas s’emmerder avec ça !

Troisième problème

Je l’ai précisé dans ma description de l’image : on ne voit pas le visage de la personne sur l’affiche.
Vous me direz peut-être que je chipote, mais c’est significatif : les fous-folles n’ont pas de visages. Les fous-folles sont uniquement leurs troubles, leur camisole. Pas des personnes. Pas des humain.es à part entière.
Dans l’opinion publique, je veux dire.
Déshumanisation ? Noooon, rien qu’un tout petit peu…

Quatrième problème

(Ce dernier point m’a été soufflé par un ami à la lecture de mon article, m’amenant à une lecture de cette affiche à laquelle je n’avais pas pensé)

La camisole est VERTE. Comme le parti politique à l’origine de l’initiative qui est combattue par cette campagne.
Donc on peut également faire la lecture suivante :

« Les Verts sont des fous !
Empêchons-les de nuire. »

Et là encore, on arrive dans un cliché tellement utilisé : « les personnes à qui on s’oppose en politique sont des fous, des malades mentaux, leur crédibilité politique est donc nulle ».
Utiliser « fou » et « pas crédible » comme quasi-synonyme EST un cliché psychophobe terriblement nocif, vu qu’il renforce l’image que la parole d’une personne malade psychique n’a aucune valeur, rien, du vent.

Et accessoirement… Les fous qu’ils faut « empêcher de nuire », dangereux, bons à enfermer, qu’on ne veut surtout pas côtoyer dans la société… C’est un des clichés à l’origine du plus de solitude, d’isolement et de souffrance chez les personnes vivant avec une maladie psychique.

Quel que soit l’opposant politique… NON, ça n’est pas un fou. C’est un politicien. Arrêtez de mêler la folie à vos désaccords politiques de tous bords !

Chère (dans tous les sens du terme, vu la masse de fric que vous brassez) Société Suisse des Entrepreneurs… Votre affiche pue à plein nez le manque de respect envers les personnes vivant avec une maladie psychique. Et votre manque de respect s’étale en format mondial sur les murs un peu partout en Suisse. Félicitations. Vous venez de renforcer des clichés et une stigmatisation qui tuent chaque année un nombre difficile à évaluer de personnes. Partout dans le monde. Y compris en Suisse.

Trop gros.se pour être opéré.e ? C’est d’actualité au Royaume Uni

Hey, ami.e.s gros.ses…

Vous prévoyez de déménager ? De changer d’air, de changer de pays ?
Vous trouvez que le charme brumeux de la ville de Londres, ou les pintes de bonne bière anglaise sont attrayants ?

Je vais vous donner une petite information qui va probablement vous faire réfléchir à deux fois à l’idée d’aller poser vos valises pour vous installer quelque part au Royaume Uni.

Donc…

Dans l’optique d’économiser sur les frais de santé publique, nos amis british ont eu une idée lumineuse.

Si vous êtes gros.se et que vous devez subir une intervention chirurgicale non vitale (genre vous faire réparer un ligament démoli, poser une prothèse de hanche ou que sais-je encore), on peut vous faire attendre jusqu’à un an.
Histoire qu’éventuellement ça vous « convainque » de perdre du poids.

Vous avez mal ?
Vous êtes limités dans vos déplacements ?
Handicapé dans votre vie quotidienne ?

C’est pas grave, perdez du poids, on vous opèrera si vous perdez 10% de votre poids corporel, sinon vous attendrez un an.

Va-t-on vous aider à perdre du poids ?
Vous fournir, en contrepartie de cette attente, un suivi adéquat pour vous accompagner ?
Bien sûr que non (il s’agit de faire des économies, n’est-ce pas… On ne va quand même pas dépenser de l’argent pour les gros.ses… Et puis bon, de toutes manières, c’est bien connu, un peu de volonté et de motivation, et hop, les kilos s’envolent. N’EST CE PAS ?)

Peut-être êtes vous, comme moi, en train de vérifier la date.
Non. Nous ne sommes pas le 1er avril. Ça n’est pas une foutue blague.

Mais après tout… est-ce que ça vous surprends vraiment, qu’on en arrive à ça ?

Il est bien connu que nous, les gros.ses, on fait enfler les coûts de la santé. Qu’on est juste des personnes qui négligeons notre santé, et qui, avait une carotte ou un bâton, pouvons être amenés à perdre du poids.

Si le Royaume-Uni a institutionnalisé cette pratique, il ne faut pas se voiler la face.
Le fait que des soins sont régulièrement refusés aux personnes obèses n’est pas une spécialité anglaise.
De très (trop) nombreux médecins examinent avec un sérieux très relatif la situation médicale des personnes en surpoids, se bornant à tout mettre sur le compte de leur poids, à leur dire de maigrir, et à jeter sur leur corps un regard chargé de condescendance.
Et ça, c’est vrai partout autour de nous.
La grossophobie du milieu médical n’est plus à prouver, de nombreuses personnes peuvent en témoigner.

Chers médecins, du Royaume-Uni ou d’ailleurs… Souvenez vous que vous avez fait le serment de soigner chaque patient.e au mieux.
Pas « chaque patient.e, sauf les gros.ses ».
Parce que oui, aussi étrange que cela puisse vous paraitre, nous sommes de vrais humain.es. Pas des amas de gras sur pattes.

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