[Orlando] Ils faisaient juste la fête, bordel.

Me demandez pas un article, des mots choisis avec soin.

J’ai juste le gerbe, l’estomac au bord des lèvres, les larmes aux yeux mais les yeux secs.

Je ne les connaissais pas, mais j’aurais pu être l’un.e d’entre deux.

50 morts dans une boite LGBT+ à Orlando.

50 morts.

50-morts-merde.

« L’homophobie tue ». « La transphobie tue ». On le dit tous les jours, on le dit, on le gueule, on le répète jusqu’à l’overdose.
Mais même si on le sait, j’crois pas qu’on soit préparé à ça.
Préparés à entendre que en une heure ou quelque chose comme ca, un mec armé d’armes à feu a effacé de la planète 50 personnes juste parce qu’elles aimaient « pas les bonnes personnes ».

Je n’ai pas peur, j’ai mal.

J’ai mal de me dire qu’on dérange assez pour qu’on nous tire dessus.
J’ai mal de dire que quand je tiens dans la rue la main de la personne que j’aime, c’est cette haine qu’on peut susciter.
J’ai mal merde.

J’ai mal de savoir que des crevures qui hier encore nous crachaient à la gueule tweent aujourd’hui « solidarité avec Orlando » (Ouais, c’est pour toi, Boutin, ouais c’est pour toi Poutine).

J’ai pas envie d’avoir à penser aux merdeux islamophobes qui vont se régaler du sang des 50 personnes buttées froidement.
J’ai pas envie de devoir choisir chaque mots pour pas qu’ils puissent récupérer quoi que ce soit. J’ai juste envie de leur cracher à la gueule et qu’on en finisse.

Cette nuit, je m’abrutis de musique et j’ai mal au bide.
Je me « milite » pas. Je ne réfléchis pas.

J’ai juste mal au fond de mes tripes.
Et on est beaucoup à avoir mal.

On n’arrêtera pas d’aimer, n’en déplaise aux merdeux armés jusqu’aux dents, n’en déplaise aux homophobes-bien-comme-il-faut-qui-ne-tuent-pas-mais-qui-méprisent.
On n’arrêtera pas de vivre pour vos beaux yeux.
On n’arrêtera pas de baiser.
On n’arrêtera pas de jouir.
On n’arrêtera pas de construire notre avenir.
On n’arrêtera pas de lutter.
On ne se terrera pas.
On ne retournera pas dans les placards moisis dont vous voudriez qu’on ne soit jamais sorti.es.

Étouffez vous avec votre haine, nous on continuera de vivre et d’aimer.

Mais ce soir, laissez-nous juste chialer et ramasser les morceaux de nos tripes étalées à la une des journaux.

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« T’es enragée, Lau' »

« T’es enragée, Lau’. T’as les yeux écarquillés sur le monde et t’es enragée. Fais en quelque chose, de cette colère, parce qu’elle peut te porter comme elle peut te cramer ».

Tu vois, Julie, je t’écoute. J’en fais quelque chose, de cette colère. J’essaie, du moins.
A mon échelle, avec mes armes, avec mon ordi et quelques mots balancés sur un blog.
Enfin, « tu vois »… J’en sais rien, si tu vois, en fait.
Il parait que y a toujours pas de wifi dans l’au-delà, hein.

Mais bon. Admettons que tu vois.

Tu sais, Julie…

Toi, Cindy et Hélène, vous êtes derrière chacun de mes articles.
Vous êtes pas les seules hein, j’écris pas QUE pour les morts.
Mais j’écris pour vous aussi.
J’écris parce que j’ai aussi un peu l’impression de donner une voix à vos mots et à vos morts (surement imparfaite, surement un peu infidèle à ce que vous auriez dit avec vos mots à vous, mais j’y suis pour rien, moi, si vous n’êtes plus là pour rectifier mes erreurs et pour redonner vos mots à vos idées).
Et j’écris aussi avec l’espoir un peu dingue de contribuer à ce que l’histoire puisse se finir autrement pour d’autres.

Ouais, je suis enragée.
Figure toi que ton suicide a pas vraiment contribué à faire diminuer ma rage, ma grande. Tu t’en doutes.

Faute de pouvoir cracher au visage du mec qui t’a violée, je gueule sur la culture du viol, et j’essaie de faire ouvrir quelques yeux dans la foulée.
Faute de pouvoir cracher au visage des psychiatres qui ont contribué à te détruire plus qu’à t’aider, je gueule sur la psychophobie, sur la maltraitance médicale.
Faute de pouvoir beugler sur les gens qui te regardaient de travers, avec ta sonde dans le pif, je parle encore et encore d’à quel point il est urgent de déstigmatiser les troubles psychiques.

J’en fais quelque chose, de ma colère, parce que t’as raison : sinon elle me brûle, sinon elle me fait exploser.

Je n’ai pas la prétention de changer le monde hein, mais je me dis que quelque yeux de plus ouverts, « écarquillés », c’est toujours ça de pris.

Tu étais sacrément en colère, aussi.

C’est dommage que ton blog n’existe plus. Y a plein de fois où j’aurais voulu le relire, mais aussi le FAIRE lire.

Parce que tu disais mieux que je ne pourrai jamais le faire la réalité de tes TCA, de l’HP, de la stigmatisation de tes troubles psy parfois même par des gens très proches.
Tu le disais avec tes mots trash mais poétiques, ou poétiquement trash, j’sais pas trop.

Voilà Julie. J’voulais juste que tu le saches, que tu es derrière mon épaule à chaque fois que j’écris ici.
Et j’crois que je voulais aussi que les autres personnes qui lisent ce blog le sachent.
Et que je suis toujours enragée. Plus que jamais, même. Et que je le resterai.

Parce que t’étais une meuf tellement géniale que j’aurais aimé te faire connaitre à tout le monde autour de moi, mais que tu m’en as pas vraiment laissé le temps.
Alors je le fais à ma manière.

Tu manques, Julie.
Ca fait trois ans tout pile que tu nous a tiré ta révérence.
Mais tu es incroyablement présente dans ma vie. Comme Cindy. Comme Hélène.

Julie
(illustration d’Agnes Cecile, qui était une sorte de fil rouge visuel entre Cindy, Julie, moi et pas mal d’autres… Et parce que Agnes Cecile, ca vaut vraiment la peine d’être vu et revu, je vous mets ici le lien de son tumblr)

 

 

Kayden Clarke, une victime de plus de la psychophobie de la police

Important : cette personne s’appelle Kayden Clarke.
J’ai modifié mon article après avoir appris que c’est un jeune homme trans* et qu’il est mégenré par les médias, ce que je ne savais pas au moment où j’ai écrit mon article.
Par contre, la vignette lors des partages faits avant la modification reste sous le titre que j’avais mis initialement, merci WordPress. Je vais tenter de remédier à ça, mais en attendant que j’y arrive – si j’y arrive – , toutes mes excuses pour le mégenrage dans la vignette)

Il y a quelques mois, un de mes contacts Facebook me passait une vidéo que j’avais trouvée tellement touchante que je l’avais relayée. (lien)
Il montrait comment le chien d’assistance de Kayden Clarke, jeune homme autiste Asperger, aidait son maître à gérer une crise d’angoisse durant laquelle il se frappait.
(Note : la vidéo avait été publiée sous le nom que Kayden portait avant sa transition, vu que Kayden était un jeune homme trans* et qu’il avait transitionné récemment)
Outre le coté touchant de la vidéo, elle m’avait permis de découvrir le fait qu’il y avait également des chiens d’assistance formés à accompagner leur maître pendant une crise d’angoisse, ce que je ne savais strictement pas.

Danielle Jacobs

Aujourd’hui, je suis tombée sur un autre article (lien) concernant Kayden Clarke
Qui m’a foutu les larmes aux yeux, mais cette fois ci pas parce que j’étais touchée par la magnifique complicité entre un chien et son maître…
Mais parce que Kayden Clarke est mort.

Il a été tué d’une balle dans l’abdomen.
Par la police de sa ville.

Appelés parce que Kayden était suicidaire, ils l’ont trouvé un couteau à la main.
Et ils l’ont tué. D’une balle dans l’abdomen.

Alors par pitié, ne venez pas me parler de « légitime défense ».
Que Kayden ait pu menacer les policiers qui débarquaient chez lui alors qu’lui était suicidaire et probablement angoissé : c’est possible. (Soyons honnêtes trois minutes : si des policiers avaient déboulé chez moi à l’époque où je faisais de grosses crises d’angoisse, je ne pense pas que, dans la panique de la crise, je les aurais accueilli à bras ouverts, hein).
Mais c’était UN FOUTU COUTEAU.
Et les policiers étaient plusieurs.
Ils sont formés à désarmer quelqu’un qui les menace avec un couteau.
Ils sont équipés d’armes non létales, aussi (Taser).
Ils SAVAIENT que Kayden était autiste Asperger et suicidaire.
Et quand bien même ils auraient été obligés de faire usage de leur arme à feu… une balle dans l’abdomen n’est pas tirée pour stopper ou pour désarmer. Elle est tirée pour tuer.

Au delà de l’émotion et de la révolte…

Cela met en lumière, une fois de plus, à quel point la police n’est pas formée pour prendre en charge une personne atteinte de troubles psychiques ou neuroatypique.
Cela met en lumière, une fois de plus, que les personnes avec un trouble psy ou une neuroatypie sont en DANGER face à la police.
Kayden est loin d’être la première victime…
Début décembre dernier, à Rennes (France), Babacar Gueye, en pleine crise d’angoisse, armé d’un couteau avec lequel il était en train de s’automutiler, a été abattu de 5 balles.
Et avant Kayden, et avant Babacar… Tellement d’autres.

Pour l’anecdote, une discussion avec un pote, fraichement sorti d’école de police en Suisse, m’avait fait rire jaune.
Il m’expliquait que les consignes qu’ils avaient, face à une personne agitée en crise d’angoisse, étaient de l’immobiliser…
Je ne sais pas si vous avez déjà fait une crise d’angoisse. Moi oui (un peu plus qu’une, d’ailleurs).
Et je peux vous assurer que si un inconnu, même policier, avait tenté de m’immobiliser à ce moment là… Je ne me serais pas laissée faire sans broncher. Parce qu’à ce moment là, le contact physique aurait juste été pour moi insupportable, et le fait de me retrouver immobilisée, sans possibilité de fuir, m’aurait juste mis dans une rage et une terreur qui auraient dépassé toute possibilité de self control.

La police DOIT être formée à ces situations. DOIT apprendre à dialoguer avec une personne en pleine angoisse, ou en plein délire.

Mais quand on voit à quel point l’idée reçue de la prétendue dangerosité des personnes psychiquement malades est répandue dans la société, on peut bien imaginer que c’est sous cet angle là, et uniquement cet angle là, qu’on forme les policiers, ces personnes chargées de « protéger la société ».

Mais la maladie psychique n’est pas un trouble à l’ordre publique…
Mais la maladie psychique n’est pas une menace…

Il faut arrêter de voir les « fous » comme des dangers potentiels. Et enfin commencer à voir la maladie psy pour ce qu’elle est : une source, au contraire, de vulnérabilité.

Et quand on sait que les statistiques prouvent que les personnes psychiquement malades ou neuroatyiques sont bien plus souvent victimes de violences que la population psychiquement dans la norme, il serait temps d’inverser le regard : ça n’est pas la société qui a besoin d’être protégée des fous… Mais les personnes avec un trouble psy ou une neuroatypie qui doivent être protégés de la violence des autres…

Il ne doit plus y avoir de Kayden , de Babacar.

Repose en paix, Kayden.
Et sois assuré que le combat pour la déstigmatisation des troubles psy et des neuroatypies continuera.
Sois assuré qu’on continuera de lutter pour que la police soit formée à ces situations.

Pour toi. Pour Babacar. Pour tou.te.s les autres victimes.
Et pour les personnes encore vivantes, qui n’ont pas à devenir des victimes de plus.

(Note : certaines personnes m’ayant fait remarquer que mon article peut entretenir l’amalgame entre « autisme » et « trouble psychique », je vais me fendre d’une petite explication de pourquoi j’inclus la dénonciation du meurtre de Kayden par la police dans la lutte contre la psychophobie.
D’une part : Kayden évoquait ouvertement, dans ses vidéos, le fait qu’au delà de son autisme Asperger, il était atteint de troubles psychiques (PTSD, troubles anxieux). On peut raisonnablement imaginer que lorsqu’il s’est retrouvé dans la situation où, suicidaire, la police a été appelée chez lui, son autisme Asperger n’était pour le moins pas le seul facteur en cause…
D’autre part : si le terme « psychophobie » était centré de manière plus spécifique sur les troubles psychiques, une solidarité et un rapprochement s’est rapidement créé avec la lutte contre la stigmatisation que vivent les personnes les personnes neuroatypiques. En effet, cette stigmatisation a le même ressort : la société stigmatise les personnes dont la pensée est hors de la norme psychique établie.)

 

Cindy. 19 octobre 2012

J’ai réfléchi un moment, avant de commencer cet article.

Je me disais « Oh, tu vas pas étaler ton pathos sur ton blog, Lau’, hein, ça ne regarde personne ».

Et puis… et puis merde.

Il n’y a pas de pathos dans la colère, et là, si les larmes ne sont jamais très loin quand je pense à Cindy, c’est surtout la colère qui m’anime.

Cindy, elle s’est suicidée, oui.
Bien sûr, le dernier geste, ça a été le sien, personne ne l’a physiquement poussée sous ce train.

Mais, alors qu’il serait si facile de résumer son suicide à l’issue fatale de sa maladie (de ses maladies, plutôt… « Trouble de la personnalité borderline », « Anorexie-boulimie »), et si BIEN ENTENDU elle était malade, ça n’est pas de maladie et de diagnostics tirés du DSM que j’ai envie, que j’ai besoin de parler ici.

J’ai envie de parler de « germes » de sa maladie.

S’il peut paraitre incongru de parler de « germe » quand on parle de maladie psychique, j’ai envie de gueuler qu’il est trop facile, trop réducteur de parler uniquement de neurotransmetteurs en pagaille.

J’ai envie de gueuler ma colère contre ceux qui ont flingué Cindy, aussi efficacement, aussi impitoyablement, que si on avait pressé sur la détente d’un flingue contre sa tempe.

Contre le mec qui a violé la gamine ou l’ado qu’elle était. Ou les mecs. J’en sais rien, ses récits ont toujours été flous sur la question.
Mais ça ne change rien au fait que un, ou des mecs, l’ont baisée sans son consentement, et probablement à un âge où elle ne pouvait pas le donner.
Et au delà de ces mecs, il y a toute une société qui amène au viol.
Une image de la femme qui ne sert qu’à vider les couilles et à satisfaire les « besoins » de l’homme. Une image du violeur qui est « l’inconnu dans un parking sombre », alors que la plupart du temps, c’est loin d’être un inconnu.
Un tabou autour du viol, qui fait que les victimes, comme Cindy, gardent trop souvent le silence sur ce « secret honteux », jusqu’à ce que la souffrance les fasse imploser.

Contre un système psychiatrique qui a fini le travail magistralement commencé par ce ou ces mecs.
Contre les psys distribuant des médics à tour de bras, alors que jour après jour, elle s’enfonçait dans son addiction légale et remboursée par la sécu (ça n’est pas un plaidoyer anti-médicaments, dans beaucoup de cas les médicaments sont nécessaires, utile, voire vitaux, hein, mais quand une personne gobe le Xanax par boites entières, quotidiennement ou presque, est-ce qu’il n’est pas temps de se poser des questions ?).

Contre les pharmaciens qui alors que les ordonnances spécifiaient « délivrer la dose journalière uniquement », filaient les médics par pleine boite… Auraient-ils eu la même désinvolture face à des médicaments pour le cancer ?

Contre l’hôpital psy où l’ennui mortel semble être promulgué au rang de thérapie.

Contre les urgences psychiatriques de l’hopital de sa ville, où elle était allée demander de l’aide la veille de son suicide. Elle y a passé la nuit, tout en faisant par SMS ses adieux à l’entier ou presque de ses amis. Au milieu de la nuit, apprenant par plusieurs personnes qu’elle leur avait annoncé son suicide pour le lendemain, j’ai appelé ces urgences psy. Pour leur parler de ces SMS, pour leur demander de veiller sur elle, pour leur demander de ne pas la laisser sortir le lendemain matin, de l’aider…
Je les ai appelés, et ils n’ont rien fait.
Ou plutôt si : ils lui ont envoyé dans la gueule qu’elle faisait de « la demande d’attention ». Lui ont confisqué son portable « pour qu’elle n’inquiète plus son entourage ». Et l’ont laissée sortir le lendemain matin.
J’ai su après coup que son psychiatre également les avait contacté… Sans autre résultat.
Dans quel monde, sérieusement, l’annonce d’un suicide pour le lendemain est une simple « demande d’attention » ?
Dans quel monde, sérieusement ?
Dans le nôtre, manifestement.
Dans notre société, où la parole des personnes psychiquement malades est si souvent regardée à travers des lunettes déformantes de préjugés… Y compris par des « soignants » qui n’en ont que le nom…

Cindy est morte.
Elle s’est suicidée, oui. Mais on l’a tuée, aussi…

Et je suis en colère autant que triste.

Même si pour Cindy, il est trop tard, il n’est pas trop tard, et il ne sera jamais trop tard pour gueuler notre colère, pour lutter contre notre société qui banalise le viol, et pour exiger une prise en charge digne de ce nom (et digne tout court, d’ailleurs, aussi !) des personnes malades psychiques.

Pour Cindy. Pour celles et ceux qui ont vécu le même enfer avec la même issue.
Et pour toutes celles et tous ceux qui se battent encore.

Hebergeur d'image

Elle s’appelait Shira. Elle n’avait même pas 17 ans

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Je ne la connaissais pas, mais son sourire me hante depuis tout à l’heure, et mon bide est noué de larmes.

Je l’imagine, jeudi dernier, se préparant pour aller à la Pride de Jerusalem.
Je l’imagine souriante comme sur la photo, contente de partager ce moment avec tant d’autres personnes.
Je l’imagine défilant.

J’imagine sa terreur quand Yishai Schlissel, intégriste religieux et meurtrier homophobe, s’est rué dans le cortège avec un couteau et a poignardé 6 personnes, dont elle.
J’imagine ses 4 jours de lutte contre la mort.
J’imagine l’angoisse de sa famille veillant une gamine de 17 piges entre la vie et la mort.
J’imagine leur douleur, la douleur de ses amis aussi, alors que Shira a perdu son combat contre la mort.

Elle s’appelait Shira. Elle n’avait même pas encore 17 ans. L’âge d’avoir la vie devant elle, d’avoir des projets à la pelle.
L’âge d’avoir envie de se battre pour ses idéaux. L’âge d’être amoureuse. L’âge d’être lycéenne.

Elle s’appelait Shira.

Je ne suis pas hétéro. Je pourrais être à sa place. Parce que partout, chaque jour, l’homophobie tue.

Je suis triste.
Et je suis en colère. Tellement en colère.
En colère, parce que ce mec avait annoncé son acte, et que rien n’a été fait pour l’empêcher d’agir.
En colère, parce que la haine nourrie d’intégrisme religieux crache totalement sur le message d’amour transmis par les religions. Et que c’est toujours ces messages de haine qui sont retenus par les intégristes, jamais les textes parlant d’amour et de respect.
En colère, parce que toutes les personnes « qui sont homophobes mais qui ne feraient jamais ça » arment hypocritement la main des personnes qui sont suffisamment violentes pour passer à l’acte, avant de s’en laver soigneusement les mains. Elles se lavent les mains dans le sang des victimes. Rien de plus. Rien de moins.
En colère parce que des Shira, il y en a eu tellement d’autres, et il y en aura tellement d’autres encore. Pas seulement à Jerusalem. Partout dans le monde.
En colère parce que je sais que d’ici quelques jours, l’émotion sera retombée, et que plus grand monde en aura grand chose à foutre, de l’homophobie.

Repose en paix, Shira.

La lutte continue.