Des couvertures en hiver ? C’est tellement surfait

C’est rare que je parle ici de sujet qui ne me concernent pas directement, dont je ne suis qu’un témoin dégouté parmi pas mal d’autres témoins (ça serait déjà bien, au moins, si tous les témoins étaient dégoutés, me direz-vous…).

Mais là, hey, y a un truc à dire, je crois.

Lisez ce post plus comme un billet d’humeur que comme un post construit et réfléchi – qu’il ne sera pas.

Chez vous je sais pas, mais en tous cas, chez moi, on caille sévèrement, en ce moment.
Brr, le bon vieux petit vent qui pique et qui transperce bien les fringues.
Encore plus que d’hab’, je réalise que j’ai sacrément de la chance d’avoir un toit au dessus de ma tête, de ne pas être à la rue, de ne pas être en train de fuir une guerre et de pioncer aléatoirement sur les trottoirs d’un pays dont je ne parle pas la langue et où je n’ai rien.
C’est une foutue chance, quand même, quand il fait moins 10, d’avoir un toit, pis aussi un lit et une couette, et que ma notion de « j’ai froid » se borne à grogner sur ma colocataire qui laisse la fenêtre ouverte.

Y a quelques semaines, j’ai battu le rappel de mes potes pour voir si l’un ou l’autre avait pas un sac de couchage inutilisé, parce que la couverture trouée du mec SDF que je croise tous les jours commençait à sérieusement me faire souci.
Et quand je le lui ai amené, le sac de couchage (un sac de couchage militaire Suisse, j’ai un peu rigolé intérieurement en me disant qu’une fois au moins, avoir une armée inutile qui coute très cher pour que dalle, ça avait eu un petit bout d’utilité, au moins pour ce mec qui se retrouve avec un sac de couchage certifié « résistant aux grands froids » au lieu de sa couverture trouée), j’ai eu l’impression de lui filer la lune tellement il a eu l’air content et soulagé, et ca m’a juste donné envie de chialer, parce que bordel c’est pas normal que ca soit exceptionnel pour lui d’avoir un truc chaud pour pioncer, que ca devrait juste pas arriver, ces situations là. Et quand il m’a dit « merci », je me suis limite barrée en courant, parce que sérieux, y a aucune raison de me « remercier », c’est juste… ché pas, un minimum ?..

Et là, j’apprends quoi ?

Qu’en France, à Paris, donc à 3h de train de chez moi, avec une pauvre frontière à traverser, les flics ont pour consigne de confisquer leurs couvertures, sacs de couchages, toussa, aux migrants qui pioncent dans la rue.
Que c’est pas le quidam lambda qui l’affirme, mais que c’est Médecins Sans Frontières qui dénonce la situation.

Alors au début j’ai pas envie d’y croire, je lis un article, deux articles, un post facebook, un truc, un machin, et ils disent tous la même chose : confisquer – couvertures – migrants.

Et je sais pas, mais je rigole. Jaune. Sacrément jaune. Et aussi un peu un peu bleuâtre (vous savez, la couleur des gens quand ils sont en train de crever de froid ?).

Alors je cherche un sens, je me demande ce qu’on va encore inventer pour justifier ça.

Et je lis que le Ministre de l’Intérieur, à qui je décernerais volontiers le titre supplémentaire « Ministre de l’hypocrisie » dit que c’est pour mettre ces gens à l’abri, les amener à aller dans des centres d’accueil pour ne pas crever de froid dans la rue.

Mais en vrai, ce qui se passe, c’est que ces gens à qui on a volé (oui, désolée, j’arrête d’être faux cul et de parler de « confiscation », appelons un chat un chat et une engelure une engelure : c’est un vol, point barre !) leur seul moyen de se tenir au chaud, bah… Ils vont faire la queue pendant plusieurs jours devant lesdits centres d’accueils, qui sont saturés, et que le jeu de tetris, c’est très cool sur une console, mais c’est quand même sacrément plus discutable quand il s’agit de donner à des humains un endroit pour simplement pioncer au chaud.

Donc pendant plusieurs jours, non seulement ils ont toujours pas un toit au dessus de leur tête, et un matelas sous leur dos pour dormir… Mais en prime, cadeau bonus, leur couverture ou leur sac de couchage a, lui, un toit… dans un commissariat de police où personne ne s’en sert pour dormir (ou dans une poubelle, parce que tant qu’à faire dans l’absurde, pourquoi pas rajouter un peu de gaspillage par dessus l’inhumanité, la décence c’est tellement surfait !).

Et on rajoute une couche à la blagounette, on empêche ces personnes, quand elles font la queue, de s’installer vaguement confortablement (ou, de manière plus terre à terre, de se reposer ne serait-ce qu’un petit peu) en genre… s’asseyant sur le trottoir). S’agirait pas qu’ils prennent trop de place, non plus, on leur permet déjà de rester debout sur le trottoir, s’agirait quand même pas d’abuser de notre  hospitalité, non mais oh !

Et là non plus, c’est pas le quidam lambda qui le dit, c’est toujours MSF.

Alors bon, vous me direz, de quoi ils se plaignent, hein, on a moins froid quand on est debout que quand on est assis ou couché sur le béton froid, n’est ce pas ?

J’ai envie de proposer une reconversion aux braves politicards qui ont pris cette décision absurde.
Dans le cinéma, ou dans l’écriture. Ou peut-être dans l’humour.
Parce que pour faire une aussi bonne blague que voler leurs sacs de couchage à des gens qui fuient la guerre, la misère, et qui crèvent de froid dans nos rues… Faut avoir une bonne dose d’imagination, quand même.
Reconnaissons leur ce talent là, à défaut de pouvoir venter leur humanité..!

couvertures-migrants

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