Une dose létale de cachetons coute moins cher qu’un bon suivi psy

Ce matin, je suis tombée sur cet article.

J’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour le lire tant il m’a mise dans un mélange de colère et d’angoisse.

En résumé :

Aux Pays-Bas, une jeune femme de 20 ans a été autorisée à recourir à l’assistance au suicide (autrement dit : à l’euthanasie active) parce que des psychiatres et médecins ont validé le fait que son état psychique, un syndrome de stress post-traumatique sévère faisant suite à des viols à répétition, était INCURABLE.

20 ans.
Bam.
In-cu-ra-ble.

La société, la culture du viol t’a bousillée, meuf. Cassée. Marchandise endommagée, au delà de toute réparation possible. Au delà de tout espoir.
Bam.
A la casse.

Permettez moi des doutes. Gros. Enormes, même.
Sur la réalité de l’existence de personnes « incurables ».
Ou du moins : de personnes qui ne peuvent pas, avec des soins adéquats, avec un environnement bienveillant, avec un accompagnement digne de ce nom, regagner une qualité de vie qui certes, fera de ces personnes des personnes avec une maladie chronique, mais pas des marchandises endommagées à qui une qualité de vie correcte est inaccessible.

J’ai assez vu, autour de moi, des situations d’améliorations spectaculaires (ou moins spectaculaires, mais progressives et bien réelles) dans l’état psychiques de personnes sur qui pas beaucoup de psychiatres auraient parié un centime.

Des ami.es ou des connaissances qui ont pendant des années enchainé tentatives de suicide sur tentative de suicide, hospitalisation psychiatrique sur hospitalisation psychiatrique, rechute sur rechute, pour finir par arriver, si pas à une guérison totale de leurs troubles, au moins à une maitrise suffisante de leur état pour pouvoir vivre, profiter de la vie, et même, voyez vous, ETRE HEUREUSES. Malgré leur maladie. Malgré leur passé chaotique (parfois tout autant que celui de cette jeune femme…).

Que se serait-il passé si, comme cette jeune femme, au moment où iels essayaient par tous les moyens possibles de mettre fin à leur jours, iels avaient rencontré un médecin assez défaitiste pour valider leur incurabilité ?
Qui leur avait donné un laissé passer pour la mort, officiel ?
Un suicide sur ordonnance médicale ?

Serait-elles encore là, ces personnes, pour profiter aujourd’hui de l’amélioration de leur situation, et de toutes les belles choses qu’elles ont eu l’occasion de vivre une fois sorties du marasme ?
J’en doute très fort, hein.

Et au delà de ces considérations sommes toutes personnelles sur l’espoir, sur le bonheur, et sur la guérison, j’ai envie aussi de hurler sur ce que la société dit en autorisant l’euthanasie active pour des personnes psychiquement malades :

Elle ouvre la porte à l’euthanasie pour raisons économiques, en s’appuyant sur la perception biaisée que les personnes en dépression (ou autre trouble psychique) peuvent avoir du monde.

Ca vous choque ?
Vous ne voyez pas où je veux en venir ?
‘tendez, je vais vous expliquer.

On est bien d’accord que la dépression sape la capacité à être heureux.se, à croire en l’avenir, à croire en la possibilité d’une guérison. N’est-ce pas ?

Donc oui, en dépression sévère, il est assez logique – dans la logique de la maladie – de se dire « Je ne peux pas guérir, je ne guérirai jamais, autant mourir, ca fera mal moins longtemps ».
Ca fait partie des symptômes. De ce qui permet de diagnostiquer une dépression sévère.

Mais si on admet que la maladie psychique EST une distorsion de la perception, de l’équilibre émotionnel et tout ça… On DOIT prendre en compte le fait que cette perception noire foncée de l’avenir, elle est la conséquence DIRECTE de la maladie. Et que donc, elle n’est pas une réalité objective et absolue, mais la réalité au temps T pour la personne malade, réalité qui peut être perçue très différemment deux jours, deux semaines, deux mois ou deux ans après, avec un traitement et un suivi adéquat.

En aucun cas je ne jette la pierre à une personne suicidaire d’être suicidaire ou de se suicider. Évidemment que non.
Ça serait à peu près aussi absurde que de reprocher à une personne ayant un cancer d’avoir une tumeur.

Par contre.
Si en médecine physique, on peut avoir des signes tangibles qui permettent de dire « cette personne est condamnée à relativement court terme, il sera impossible de la soigner », la maladie psychique est nettement moins prévisible.
Parce qu’elle est conditionnée non pas uniquement par des variables biologiques (les neurotransmetteurs qui font ou ne ont pas leur boulot correctement, le cerveau qui fait ou ne fait pas son boulot correctement), mais également par une multitude de facteurs environnementaux (l’entourage de la personne malade, le soutien qu’elle a ou qu’elle n’a pas, les circonstances de la vie qui sont ou ne sont pas aidantes, les réponses institutionnelles et médicales qui sont ou ne sont pas adéquates et bientraitantes, les réponses sociétales qui sont ou ne sont pas bientraitantes, les oppressions dont la personne est ou n’est pas l’objet …).
Et toutes ces variables, aucun médecin ne peut les prévoir, à moins d’être Madame Soleil ou Nostradamus (à supposer qu’on croit à la voyance, hein…).

Et un médecin et/ou un psychiatre qui joue à l’apprenti voyant en disant que telle personne est INCURABLE est donc au mieux un parfait abruti, au pire une splendide crevure psychophobe qui refuse de prendre en compte le rôle de la société et de l’environnement dans la maladie psychique, et qui résume la personne qu’il a en face de lui à un petit amas de neurotransmetteurs.

Et au delà de l’incompétence ou de la psychophobie de ce psychiatre, ça pose une réelle question de société :

Quels moyens la société est-elle prête à mettre pour offrir aux humain.es qui la composent une possibilité d’une vie moins oppressive, moins destructrice ? 
Et quels moyens est-on prêt.es à mettre dans les mains de la psychiatrie pour bien faire son boulot ?

A l’heure où un peu partout, on parle de l’insuffisance des budgets du social, de la psychiatrie, des soins…
A l’heure où un peu partout les maltraitances psychiatriques sont dénoncées, et sont à l’origine d’autant de drames humains.
A l’heure où la psychiatrie sécuritaire est de plus en plus privilégiée face à une réelle approche humaine…

Ouvrir la porte à l’euthanasie – en se cachant derrière le fait que « c’est leur choix » – de ces malades qui sont bien encombrants, bien emmerdants, qui coutent trop cher au goût des décideurs, qui ont l’audace de ne pas toujours pouvoir s’insérer dans le système capitaliste basé sur le travail, c’est ouvrir la porte à une manière particulièrement dégueulasse de réduire les couts de la santé psychique et de se débarrasser de ces encombrants malades.

Cette porte, déjà ouverte en Belgique, et manifestement aux Pays-Bas, est à mes yeux un non sens dangereux et effrayant.

Parce que ouais.

Une dose létale de cachetons ou une injection mortelle coutera toujours moins cher qu’un vrai suivi psychiatrique. 
Et dans notre société, aux yeux des décideurs, les gros sous ont largement plus de valeur que la vie humaine, hein. A plus forte raison : largement plus de valeur que la vie des personnes avec un trouble psychique ou une neuroatypie, que notre société traite si souvent comme un encombrant problème et pas comme des personnes à part entière.

suicide assisté 2

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19 réflexions sur “Une dose létale de cachetons coute moins cher qu’un bon suivi psy

  1. Waw tu viens de me retourner la tête …

    Je suis diagnostiquée borderline, dans une situation infernale financièrement . Ma famille m’a bien évidemment lâché après mes deux dernières TS, ma psy ne fait que faire trainer la demande d’aah , la compensation pour mon arrêt maladie est encore en retard, et dans un mois, avec mon mec NA nous sommes à la rue .

    Typiquement éjectés tout les deux de la société.

    Et en lisant l’article que tu sites , franchement , je me suis dis que je préfèrerai vivre là bas, et pouvoir mourir à peu près dignement…
    Une mort déclarée comme un suicide (et non un « accident » comme ma mère) , une mort qui ne traumatise pas les personnes qui découvriront mon cadavre, une mort qui ne me fasse pas souffrir et qui ne rate pas…
    Je ne comprends pas cet acharnement à vouloir à tout prix vivre et forcer les autres à vivre, même lorsqu’ils n’en peuvent plus .
    Lorsque personne n’est prêt à aider qu’est ce qu’on peut faire ?

    Je suis la première à avoir une haine profonde envers cette société qui me persécute parce que je suis une femme, et parce que je suis NA .
    Je suis la première à avoir envie de tout faire péter .
    Je suis la première à trouver tout cela injuste .

    Mais que proposes tu ? Qu’on reste à crever la dalle ? Qu’on se fasse enfermer en HP , comme si notre dis-fonctionnalité méritai qu’on aille en taule sous camisole chimique, à avoir notre cerveau encore plus ravagé qu’avant ?

    Le monde où on aura une réelle aide n’existe pas .
    Le monde où on sera écouté n’existe pas.
    Le monde où on nous violera pas n’existe pas .

    On fait quoi ?

    On va buter nos agresseurs ? On va coller une balle dans la tronche de nos dirigeants ?

    Aaaaarf j’oubliai !
    Je suis NA …
    Ce que je dis n’a aucune valeur, j’exagère, et dans quelques temps je penserai autre chose , hein ?

    Tu m’as retourné la tête parce que tu n’as pas tord…
    Mais aussi parce que j’ai encore l’impression qu’on sous estime la douleur psy .

    Pas le droit de mourir …
    Et incapable de vivre …

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    1. « Trop bizarre pour vivre, trop rare pour mourir » (citation de Las Vegas Parano, qui a longtemps illustré mon profil Facebook.

      Je suis complètement d’accord avec le fait qu’on sous-estime – dans notre société – la souffrance psychique.

      Et je ne suis absolument pas pour des méthodes coercitives (enfermement à long terme, contention, isolement, toussa) pour empêcher à tout prix une personne de se butter.
      Parce que JUSTE empêcher la personne de mourir, mais ne pas l’aider à vivre vraiment, à aller mieux, c’est de la merde en barre, je suis bien d’accord hein.

      Par contre, ouais, cautionner une « méthode » qui permettrait à la société de se dédouaner du fait de mettre des VRAIS moyens dans la psychiatrie (franchement, si la moitié du budget de l’armement était foutu dans la psychiatrie, je pense que les personnes en souffrance psy resteraient nettement moins longtemps en souffrance), et des vrais moyens pour construire une société moins oppressive, moins violente, qui génère moins de maladie psy…

      C’est offrir sur un plateau d’argent aux politiques la possibilité d’évacuer le problème, à savoir NOUS, sous le tapis…

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  2. Complètement d’accord . Les Pays Bas sont sur une pente dangereuse , petit à petit ils ignorent les questions d’éthique invoquant un libre arbitre qui ignore totalement les facteurs contingents
    . Ce qui me frappe aussi c’est la quantité de pouvoir que l’on donne aux médecins . Un corps qui a tout de même prouvé au cours de l’histoire qu’il sait se rendre coupable d’abus , d’erreur, de manque de remise en question ( profession que je respecte mais qui manque parfois cruellement de recul) .
    Qu’est ce que cette toute puissance ? Les médicaments prescrits ne fonctionnent pas ? Incurable! La question Idéologique autours des traitements , des recherches, des alternatives à l’internement , sont évacuées, ignorer le fait que la recherche peut progresser , que certaines personnes réussissent à soigner leur dépression justement en sortant du système médical .
    Je suis pour le droit à choisir quand les personnes sont en pleine possession de leurs moyens psychiques , qu’elles ont un cancer une maladie dégénérative , des souffrances physiques atroces , mais là on va où? L’autisme est incurable, le trouble bipolaire est souvent incurable, une dépression peut être chronique, l’asthme aussi ça peut être incurable, une jambe en moins c’est incurable , une coup de déprime , une envie suicidaire passagère (surtout à 20 ans, moi j’en avais tous les matins) on te suicide…
    cette histoire me choque profondément.

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      1. Je suis au courant de cela. Je suis moi-même autiste. Il est vrai que l’autisme nous cause des difficultés, mais il n’empêche personne d’avoir une vie convenable et heureuse et ne cause aucune baisse de la santé morale et physique. Je ne nie pas le fait qu’il y ait beaucoup d’autistes qui ont eu au moins un trouble de l’humeur (ex : la dépression) et/ou un ou plusieurs troubles anxieux, mais ce sont les mauvaises pensées que peuvent avoir plusieurs neurotypiques (un terme utilisé par les personnes autistes pour désigner les personnes qui ne le sont pas) sur nous, qu’ils soient nos proches ou pas, ainsi que les réactions d’inadaptation (je ne parle pas de l’inadaptation dans le sens « avoir du mal à s’adapter avec quelqu’un dans plusieurs situations » mais de l’inadaptation dans le sens « tout faire pour que la personne qui nous fait face soit comme nous, c’est-à-dire qu’il ait une personnalité soi-disant normale, un comportement soi-disant normal, une façon de penser soi-disant normale et des opinions et passions soi-disant normaux », et ce genre de comportements est trop dangereux pour n’importe qui), de rejet et de discrimination causées par ces mauvaises pensées qui en sont les causes, pas l’autisme lui-même.
        C’est pour cela que j’ai inventé le terme « neuroatypicophobie » pour parler des préjugés et des discriminations dont peuvent être victimes beaucoup de neuroatypiques. Le terme « psychophobie » désigne les préjugés et les discriminations que subissent beaucoup de malades psychiques, mais j’ai remarqué que ce terme peut être aussi utilisé pour désigner les préjugés et les discriminations que subissent de nombreux neuroatypiques, ce que je trouve vraiment trompeur. Je ne sais pas s’il existe des neuroatypies qui sont des maladies neurologiques (sauf si l’épilepsie est aussi une neuroatypie) mais ce n’est pas du tout le cas de l’autisme, et même si c’était le contraire, on ne peut pas nous blâmer d’avoir une neurotypie ni nous rejeter.

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      2. « Je ne sais pas s’il existe des neuroatypies qui sont des maladies neurologiques (sauf si l’épilepsie est aussi une neuroatypie) mais ce n’est pas du tout le cas de l’autisme, et même si c’était le contraire, ne peut pas nous blâmer d’avoir une neurotypie ni nous rejeter. » Oups ! J’ai voulu mettre « neuroatypie » à la place de « neurotypie ».

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  3. Mmh.

    Et si les gens arrêtaient se vouloir contrôler la « vie » des autres ? Si une personne a envie de mourir, faut arrêter de vouloir à tout pris l’en empêcher. Je suis désolé mais c’est quoi l’intérêt de survivre à des dizaines années de malheur juste pour finir (ou pas/peut-être) à un niveau de vie « acceptable » ? Les « 1 an de bonheur vaut plus que 10 ans de malheur » c’est de la connerie hein.

    La vie c’est overrated, hein.

    Des personnes égoïstes décident de te mettre au monde et tout le monde espère de toi que tu sois heureux et que tu désires vivre ? C’est juste cruel. C’est cruel de faire culpabiliser.(car oui peu importe ce que les gens disent, à partir du moment où une personne essaie de se mettre à la place d’une autre qui a vraiment envie de mourir, cette personne est cruelle et ne pousse qu’à la culpabilité.)

    La vie, au final, ce n’est que le moyen de faire passer des gènes à une autre génération si tu décides d’avoir des gosses biologiques. Quand tu meurs, toute ta personne ben elle disparaît. Tu resteras peut être un temps dans la mémoire des gens mais ces gens là, leur vie elle v continuer. Et toi non. Et c’est pas grave. La mort c’est pas quelque chose de grave ou de tabou. La mort devrait être un droit fondamental, voire plus important que n’importe quel autre droit. J’ai pas choisi de naître alors laissez moi choisir de vivre ou pas.

    Et au final, un médecin ne va pas forcer quelqu’un à l’euthanasie. C’est la personne qui a le dernier mot.

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  4. Ton texte est un très beau texte, je le comprends et le respecte, mais je ne suis pas d’accord avec .
    Pourquoi toujours autant s’acharner à vivre ?
    On ne pourra sans doute jamais savoir ce que cette jeune fille ressentait, on ne pourra peut être jamais approcher même d’un poil de sa souffrance sans l’avoir un peu vécu soi même. Comment savoir comment on se sent après 10 ans de viol sans avoir soi même été violée 10 ans ?

    Combien d’années de souffrances l’attendaient encore pour un éventuel « mieux », pas une vie normale, pas une vie satisfaisante, des rechutes sans doute, des soins toute sa vie … ?
    Est ce que ça vaut le coup ? Elle a estimé que non, et plutôt que de la laisser se bousiller toute seule, elle a eu droit a une mort efficace et propre. Je trouve au contraire que c’est faire preuve de miséricorde pour une fois.

    Le commentaire de Limbo me rappelle aussi le débat sur les bébés prématurés. Tant d’acharnement à les faire vivre si petits, avec tant de souffrances, de soucis, de séquelles… quelle qualité de vie les attend plus tard ? L’autisme oui, souvent, qui les transforme parfois en poids écrasant pour les familles, et tant d’autres choses encore, que diront ils eux plus tard ? Oui, certains s’en sortent bien, mais combien non ?

    On ne peut pas condamner une personne à vivre dans la douleur et la souffrance perpétuelle sous prétexte que d’autres s’en sont sortis. Cette personne n’est pas les autres, pourquoi notre avis à nous vaudrait plus que sa décision à elle ?

    Cette jeune fille avait suivi des années de traitement , de thérapie et vu plusieurs médecins, elle n’a pas abandonné si facilement, elle s’est quand même battue, elle a essayé, mais au final elle a décidé elle même que ça ne valait plus la peine de continuer. Elle n’était pas dans une pulsion de mort comme certains malades, ne vaut il pas mieux à un moment accepter la décision de la personne concernée ?

    Et pour les personnes malades incurables, je repense à l’auteur Terry Pratchett, qui a mit fin a ses jours car malade d’une forme d’Alzheimer très agressive. Pourquoi n’a il pas attendu plus avant de partir ? Il aurait pu encore vivre quelques années avant d’en venir à cette décision, il aurait vécu de belles choses encore (entre 2 crises de démence) , mais il a choisi de partir tant qu’il était lui même, que la maladie n’était pas encore trop présente dans sa vie, tant qu’il était encore digne et maitre se lui même.
    C’est son choix, il faut le respecter, nous ne sommes personne pour juger et décider à la place des autres, même si ça fait mal.

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    1. Juste pour préciser un truc: beaucoup de personnes autistes vivent correctement — l’autisme est loin d’être toujours le cliché qu’on a généralement dans les médias. Les formes d’autisme les plus handicapantes, bien prises en charge et tôt, permettent souvent à la personne de vivre correctement (même si ça serait mieux si la société était plus respectueuse de ces personnes et qu’elle prenait mieux en compte ces personnes au quotidien).

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  5. Ton article me met hors de moi. En quoi j’aurais pas le droit de mourir hein? Parce que sous prétexte qu’un jour par magie mon désir de mourir qui a TOUJOURS TOUJOURS TOUJOURS été présent même sans aucune raison va peut-être disparaître? Tu penses vraiment connaître assez la souffrance des autres pour savoir que « vivre en vaut la peine au final si ça passe »? Non mais pour qui tu te prends? Il y a des souffrances tellement fortes que la vie n’en vaut pas/plus la peine. Sérieux je suis vnr.
    Il y a des critiques légitimes sur ce genre de possibilités notamment que certaines personnes malveillantes pourraient les utiliser pour tuer leurs enfants autistes non-verbaux, mais là tu critiques même pas ça, je crois.
    J’ai pas pu tout lire parce que ma capacité de concentration est à zéro mais là je suis vraiment hors de moi et crois moi ça arrive pas souvent. Tu crois que je mérite de vivre en souffrance et que même si je souffre plus je mérite de vivre dans la peur de mon prochain épisode? Parce que j’en aurai toute ma vie des épisodes, il y a des maladies psychiques incurables ou d’autres très difficilement curables et moi j’en cumule plein.

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    1. Si je peux me permettre un conseil : relis le, en plusieurs tranches si besoin… Mais en entier.

      Parce que clairement, ta réponse démontre effectivement que tu n’as pas lu l’article en entier, notamment parce que je précise que je ne jette en rien la pierre aux personnes suicidaires ou suicidées, mais que c’est la posture du corps médical en l’occurance que je pointe du doigts.

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      1. Non mais j’ai fini par le lire en entier, non sans peine, et je me sens franchement tout autant en colère qu’hier. De quel droit tu interdirais aux personnes comme moi de mourir?? C’est notre droit. Et je sais pas, j’ai l’impression que tu nies le caractère incurable de plein de maladies psychiques. J’ai un trouble schizoaffectif et un PTSD (entre autres choses), je suis résistant aux médicaments, résistant à la thérapie (et pourtant j’ai réellement un bon suivi), ça fait des années et même quand j’étais pas malade j’étais déjà suicidaire, et toi (et d’autres, évidemment) tu voudrais me prendre ce droit que je réclame depuis toujours et qui devrait me revenir de mourir en paix? « mon corps mon choix » ça te dit quelque chose? Une immense majorité des médecins me semble opposée à ça de toute façon, je vois ce qu’il y a à critiquer, mais ce n’est pas de cette façon là qu’il faudrait le faire. En plus, je sais pas si tu as toi même une maladie chronique/incurable mais vraiment à te lire on dirait pas, parce que ta façon de parler du fait que certaines maladies mentales soient incurables comme d’un truc impossible me fait réellement penser à tout mon entourage qui me demande quand est-ce que je vais arrêter mes médicaments malgré le fait que je répète sans arrêt « je pourrai jamais arrêter ». Pour accepter qu’on a une maladie chronique il faut déjà qu’on arrête de nous envoyer le message que c’est impossible, et là, peut-être, on peut envisager de vivre avec cette douleur toute la vie.
        Je crois que c’est toi qui as mal lu mon commentaire. Ce que je te reproche n’est pas de reprocher quoi que ce soit aux personnes suicidaires, mais de ne pas leur faire confiance quant à savoir ce qui est le mieux pour eux. Et j’en peux littéralement plus des « oui mais peut-être un jour » parce que ce jour on est jamais sûrs qu’il vaille la peine de souffrir une minute de plus. Pardon d’être agressif mais j’en ai vraiment marre.

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      2. Mais… Qu’est ce qui te permets de déduire que je ne suis pas concernée par tout ça ? Sincèrement ?

        Qu’on en arrive à des réflexions différentes sur l’euthanasie dans des situations de maladie psychique n’est PAS synonyme de « l’un.e est concerné.e pas l’autre », hein.

        Le fait d’être concerné.e n’exclut pas des positionnements éthiques différents sur certains sujets, tu ne crois pas ?
        Et aussi des parcours différents qui amènent à ces positionnements différents…

        Sincèrement, ton positionnement, je le comprends, hein.

        Le fait que ça ne soit pas le mien ne me fait pas dire qu’il est FORCEMENT faux, indéfendable.

        Mais – VRAIMENT, J’INSISTE – le centre de ma réflexion n’est vraiment pas la légitimité des personnes malades à avoir envie de mourir, mais vraiment un questionnement du positionnement du monde médical dans tout ça.

        Et les conséquences sur la société, en terme de « économisons nos sous, facilitons nous la vie, ne remettons surtout pas en question notre rôle dans ce qui amène les gens à avoir envie de mourir et laissons les faire ce choix en paix parce que ça nous arrange et nous évite des efforts ».

        J’avoue ne pas savoir comment faire en sorte que mon article soit plus clair sur ce point, je pensais que le fait d’avoir précisé noir sur blanc le fait que ma réflexion ne porte pas sur la légitimité des gens à avoir envie d’en finir, mais sur le positionnement du corps médical / de la société dans des situations de suicide assisté pour des personnes avec un trouble psychique suffirait, mais apparemment ça reste insuffisamment clair.

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  6. perso je fait partie des gens « qui ont passé des années en HP mais qui s’en sont pas trop mal sortis »
    pas que l’HP a été un partie de plaisir bisounours et tout hein j’ai largement eu ma dose de maltraitances institutionnelles

    sur cet article j’ai envie de dire que ça ne changes pas grand choses par rapport à la situation actuelle… juste on « officialise » le fait que c’est potentiellement plus pratique de donner des cachetons plutot que de mettre en place un suivi correct en partenariat avec le patient
    ça officialise aussi aussi le fait que nombre de psy pensent et disent trop souvent que leur patients sont « foutus », qu’ils ne pourront vivre qu’en institution, ne seront jamais autonomes

    je veux dire oui à cours terme un cacheton entraine tout un tas d’effets secondaire, à long terme il entraine la mort prématurée du malade, sans parler des surdoses et autres prescrits ou en guise de TS!

    j’ai voulu mourir, des dizaines de fois… des TS c’est sur j’aurais bien voulus les éviter, d’autres j’étais vraiment prête à prendre le large… je ne regrette pas d’avoir fait des démarches pour m’en sortir, aujourd’hui je suis heureuse (enfin je crois^^) j’ai peut etre pas la top vie normale mais je me démerde pas trop mal… j’ai beau etre heureuse, j’assume! Oui, j’assume d’avoir voulu mourir, et en admettant qu’il y ai une vie après la mort je ne pense pas que j’aurais regrétté mon geste… j’aurais peut etre trouvé ça dommage de ne pas avoir tenté de m’en sortir une dernière fois en voyant de là haut tous les possibles mais je n’aurais pas regrété parce que à l’époque tout étais fait pour m’emmener au plus bas…

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  7. J’ai relevé une petite erreur: «réduire les coups de la santé psychique», j’imagine que tu voulais dire «cout». 🙂

    Je trouve cet article intéressant et ça me semble dangereux de permettre à la société de se débarrasser des individus qui «ne fonctionnent pas assez bien» — et clairement, déclarer une personne «incurable» ça me semble irresponsable.

    D’un autre côté de retirer l’option à celleux qui veulent sous prétexte qu’iels sont malades psy, ça veut dire qu’on ne considère pas l’avis du malade psy comme valide et ça me semble problématique. Et finir sa vie de façon «préparée», ça fait sans doute moins de dégâts autour de soi.

    C’est vraiment pas un sujet simple et du coup je demande ce qui te fais dire sans hésiter qu’il faudrait éviter de donner la possibilité légale aux personnes de recourir à l’euthanasie active.

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    1. Merci pour la correction, je vais corriger ça de ce pas 🙂
      Faut pas hésiter à me faire remarquer les erreurs, by the way : je suis dyslexique, et malgré le correcteur orthographique et les relectures… y a toujours des trucs qui passent à la trappe ^^

      Ce qui me fait dire sans hésiter – en l’état actuel des choses du moins – que c’est trop dangereux… C’est clairement l’état actuel de la société et de la médecine en terme de psychophobie.

      Je suis bien consciente du coté casse-gueule de cette prise de position en terme de « ne pas écouter les malades » (cela dit, en étant réaliste, je pense que « préparer son suicide », c’est déjà possible. Sans l’assistance de la médecine… J’ai perdu trois amies par suicides, deux l’ont fait de manière très « bourrine », la 3ème avait minutieusement préparé sa sortie… ).

      Donc quelque part, cette porte de sortie, non officialisée, elle existe déjà…

      Mais le fait de l’officialiser, en l’état actuel de la société, c’est… trop dangereux. Vraiment trop.

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  8. Moi, je suis asperger et transgenre. C’est difficile de trouver un médecin qui pourrait m’aider. J’ai déjà consulté plusieurs psys en CMP et en privé. Aucun ne s’est montré compétent. Ce qui m’effraie le plus, c’est de finir entre les mains de ces gens!

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  9. Je suis aussi effrayée en pensant à ce que les patients gravement dépressifs peuvent devenir entre les mains des psys et des médecins… parce que là on parle du cas d’une jeune femme qui était manifestement au bout du rouleau, mais dans le cas d’un patient moins atteint qui aurait effectivement des chances de s’en sortir, mêmes si lui-même les ignore ? Le marasme, j’en suis sortie et j’y ai replongé plusieurs fois, même compte tenu de ça, j’aurais trouvé dommage d’être jetée à la casse dans un de mes mauvais moments… (« la vie c’est overrated » ? Pas pour tout le monde, déso)

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