Petit récit de psychophobie médicale

JE SUIS FURIEUSE.

Et, histoire que le fait d’être furieuse puisse éventuellement servir à illustrer ce qu’est la psychophobie du milieu médical, je vais vous raconter une histoire toute fraiche du jour.

Je n’en ai été que témoin et pas victime, mais c’est avec l’accord de la première concernée que je fais ce récit.

Donc… Aujourd’hui (enfin, hier, vu l’heure), j’ai accompagné une amie chez le médecin.
Chez le chirurgien orthopédiste, plus précisément.
Elle a des gros problèmes à un genou depuis des années, qui se sont aggravés il y a quelque mois. Le premier orthopédiste consulté lui dit qu’il va falloir opérer, du coup il l’envoie chez un chirurgien orthopédiste à l’hôpital du coin.
Jusque là : quoi de plus normal.

Vu qu’elle n’a pas vraiment eu que des bonnes expériences avec le milieu médical, elle était moyennement rassurée de ce rendez-vous, donc je lui ai proposé d’y aller avec elle, pour être là en soutien si le médecin s’avérait pénible.
Toujours rien de très original.

Mais c’est maintenant que tout cela se pimente de psychophobie bien crasseuse :

Il se trouve que cette amie a des troubles psychiques.
Vous me direz que ça n’a rien à voir avec son genou (et vous auriez bien raison, d’ailleurs !), mais il se trouve que l’hôpital psychiatrique où elle a été hospitalisée à plusieurs reprises dépend du même centre hospitalier que celui où elle avait ce rendez vous pour son genou.
Dossier médical informatisé et centralisé oblige, le médecin était donc tout à fait au courant de ses troubles psychiques.
Il avait même lu le détail de sa dernière hospitalisation psychiatrique (Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer l’intérêt pour un chirurgien orthopédiste d’aller lire le détail d’un compte rendu d’hospitalisation psychiatrique ? A part la curiosité malsaine, hein ?)

Et il se trouve que ce bon monsieur, dans le courant d’un rendez-vous destiné à examiner un GENOU, a passé à la limite plus de temps à poser des questions quant à ces troubles psychiques.
« Et le moral, ça va comment ? »
« Vous avez été hospitalisée combien de fois en psychiatrie ? »
« Ces marques – montrant des marques d’automutilation – c’est quoi ? »
« Vous avez fait ça avec quoi ? » (MAIS QUEL EST LE FOUTU INTERET DE SAVOIR SI ELLE S’AUTOMUTILAIT AVEC UN CUTTER, UN RASOIR OU UN FIL A COUPER LE BEURRE, SINCÈREMENT ?!)
« Vous avez fait ça ailleurs ? » (dit en lui prenant d’autorité les bras pour examiner ses bras).
« Vous n’avez jamais été hospitalisée en PLAFA ? » (L’équivalent suisse de l’HDT) (MAIS QUEL EST LE FOUTU RAPPORT AVEC SON GENOU, MONSIEUR ?)
« J’ai vu que vous aviez un peu bougé sur l’image de l’IRM, c’est parce que l’IRM vous angoisse ? » (Non, sombre merdeux, c’est parce qu’elle avait un mal de chien au genou à force de rester dans la même position. Vous savez… SA FOUTUE DOULEUR AU GENOU POUR LAQUELLE ELLE VOUS CONSULTE !)
« On va devoir vous faire un scanner, mais si ça vous angoisse, on va pas faire de scanner, hein, ça ne sert à rien que vous bougiez pendant le scanner aussi ». (Non mais faudrait savoir, mec, il est nécessaire, ce scanner, ou non ? Parce que s’il est nécessaire, vous êtes quand même en train de dire qu’au lieu de chercher un moyen de faire en sorte que l’examen soit le moins angoissant possible, vous êtes prêt à ne pas faire un examen nécessaire à une patiente, PARCE QU’ELLE A DES PROBLEMES PSY ?!)

Résultat du rendez-vous (alors que, rappelons le, elle était envoyée à cet hôpital pour préparer une opération qui semblait être une évidence au premier orthopédiste qui l’a examinée) : un rendez vous pour un scanner. Et « Je ne sais pas si ça va servir à quelque chose de vous opérer vu que vos douleurs sont chroniques ».

Elle a attendu ce rendez-vous pendant des mois. Mois pendant lesquels l’état de son genou a largement empiré sa dépression (parce que figurez vous qu’être coincée à la maison à ne rien pouvoir faire, parce que trop de douleurs au genou, c’est pas exactement connu pour être bon pour le moral, n’est-ce pas ?).
Et la réponse de ce médecin, alors qu’elle était supposée repartir avec une date d’opération, c’est « On verra après le scanner si on vous opère, mais je ne pense pas » ?

Alors vous me direz que je suis un peu mauvaise langue, hein… Mais moi, j’ai quand même la très très sale impression que les préjugés de ce bon monsieur sur les troubles psychiques ont très fortement pesé dans la balance…
Parce que c’est bien connu, hein, quand on a des troubles psy, tout est psychosomatique, tout est « dans la tête ». C’est bien connu, hein, la dépression, ça protège de toutes les autres maladies et blessures. C’est évidant, n’est ce pas…? BULLSHIT !

Psychosomatique

Et cette situation, elle a un air de déjà vu, aussi dans mon entourage direct :

Une amie (en dépression à ce moment là) avait de violentes douleurs au ventre.
Répétitives. Par crise.
Cette blague là a duré des mois. Des mois durant lesquelles ont lui a dit, de manière récurrente, que ses douleurs étaient psychosomatiques, que c’était des crises d’angoisse… Tout ça, parce que le corps médical savait qu’elle était en dépression.
Il a fallu (au bout de plusieurs mois de galère) qu’un médecin ait l’idée de l’examiner réellement (au bout de plusieurs mois, il était temps…) pour qu’il découvre que ses « crises d’angoisses » et ses « douleurs psychosomatiques » étaient en fait des calculs biliaires.
(Des calculs biliaires, j’en ai eu aussi, et je peux vous assurer qu’en terme de douleur insupportable, c’est assez magistral…).

Du coup, des fois qu’il y ait des médecins qui lisent ce blog, j’ai envie de vous rappeler, chères blouses blanches, un truc qui pourrait sembler basique, mais qui ne l’est manifestement pas pour beaucoup de médecins :

Une personne atteinte de troubles psychiques peut aussi être physiquement malade.
Promis. Ca arrive.
Et quand elle est malade ou blessée physiquement, ses troubles psychiques n’ont pas à entrer en ligne de compte dans la qualité des soins que vous lui prodiguez…

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24 réflexions sur “Petit récit de psychophobie médicale

  1. je ne sais pas à quels psychiatres votre amie avait à faire mais pour la plupart ce sont des charlatans (en France en tout cas, vous êtes Suisse si j’ai bien compris, mais je doute que cela soit bien différent)

    juste bons à prescrire des traitements, encaisser et merci au revoir, sans oublier coller une étiquette sur un patient
    du coup, ce n’est pas étonnant que les malades psychiques soient si déconsidérés …

     »vous êtes malade, vous avez tel trouble de la personnalité, maladie »
    (ce qui varie souvent suivant le psychiatre rencontré en libéral, preuve de la fiabilité de leurs diagnostics et de leur sérieux)

     »il faut prendre votre traitement »

    traitement qui ne fera que stabiliser et sédater le patient, la plupart du temps, ils ne serviront à rien
    si pas de psychothérapie en parallèle
    faire taire les symptômes à l’aide de médicaments ne guéri souvent en rien

    quand ils ne sont pas portés sur le courant de la psychiatrie biologique qui affirme que les maladies résultent de déséquilibres neurochimiques, ils le seront vers la psychanalyse ou TCC …

    quant à la prise en compte des violences et maltraitance dans les troubles psychiques ??
    et bien elle n’est quasiment jamais prise en compte et les psychiatres comme les psychologues d’ailleurs sont très peu formés en psychotraumatologie …
    il y a des études qui démontrent que la majeure partie des patients en psychiatrie ont subi des violences

    les billets verts des labo sont privilégiés aux détriment des malades, et nos soignants suivent simplement le modèle dominant des Américains

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    1. Bah là dessus, pas trop de souci, elle a un psy vraiment chouette, qui est loin d’être un « distributeur de cachets » (enfin, elle a un traitement médicamenteux, mais ça n’est de loin pas l’essentiel de son suivi psy, quoi).

      Donc là dessus, elle est bien tombée (contrairement à pas mal de gens, on est bien d’accord…).

      Mais là, la réaction de ce chirurgien est juste… à hurler…

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  2. Bonjour,
    Vous avez raison sur le fond, mais vos exemples sont mal choisis.

    Une intervention sur un genou est lourde. Si l’indication est mal posée, le malade peut être durablement dans un pire état après qu’avant. Cette situation se rencontre surtout chez les malades dépressifs, dont le seuil douloureux est souvent bas. C’est tout à l’honneur du chirurgien de ne pas se jeter sur son bistouri. Certes, il y a la manière de le faire, de l’expliquer à la patiente, mais pour moi ce n’est pas une faute. Rien n’est pire que de pleurer tous les matins pendant 20 ans en maudissant le chirurgien qui vous a opéré, alors que vous avez appris plus tard que l’intervention n’était peut être pas nécessaire.

    Idem pour la vésicule. Quand vous souffrez, rien n’est pire que d’entendre la phrase stupide « vous n’avez rien ». Car quand on souffre, on a forcément quelque chose, même si ce n’est visible sur aucun examen. Alors, quand on tombe sur de jolis cailloux dans sa vésicule, on se dit qu’on a enfin l’explication, qu’on n’était pas folle, et qu’après une bonne opération, tout ira mieux. Le problème, c’est qu’avoir des cailloux dans la vésicule est très banal, surtout chez les femmes en surpoids, et que ces cailloux sont le plus souvent indolores. Donc, se précipiter sur une opération n’est pas forcément la bonne solution, surtout si les douleurs n’étaient pas évocatrices de coliques hépatiques (douleurs dues aux calculs biliaires).

    Donc, vous avez raison sur le fond : attention à ne pas méconnaître une affection organique chez les patients dépressifs, et nous devons, nous médecins, rester vigilants à ce sujet. Mais attention aussi aux nombreuses victimes de chirurgiens trop pressés qui créent de nouveaux problèmes chez des patients déjà fragiles.

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    1. Mouais.

      Qu’il ne faille pas se jeter sur le bistouri à tour de bras : je suis bien d’accord, hein. Une opération n’est jamais un truc anodin, donc quand il y a moyen d’éviter de le faire, il faut prendre le temps de réfléchir : on est bien d’accord.

      Par contre, vous qui êtes médecin, vous pourrez peut-être m’expliquer, s’il ne s’agit pas de préjugés sur la réalité de la douleur de la personne « parce qu’elle a des troubles psy », ces quelques « détails » ?

      – Quel est l’intérêt de lire par le détail le dernier compte-rendu d’hospitalisation psychiatrique ? Savoir que la personne est en dépression ne suffit-il pas à avoir une vue correcte de sa situation ?
      – Quel est l’intérêt d’examiner les bras d’une personne qui vient pour une douleur au genou, à la recherche de traces d’automutilation ? (à plus forte raison : alors que la personne affirme ne jamais s’être coupée sur les bras).
      – Si un scanner est nécessaire pour préciser le diagnostic, comment se fait-il qu’il propose d’emblée de « ne pas le faire » parce que la personne a des troubles psychiques, au lieu de dire quelque chose comme « il va falloir refaire un scanner, comment est-ce qu’on peut s’organiser pour que ça soit le moins angoissant possible pour vous ? »
      – Qu’il déduise illico du fait qu’elle ait légèrement bougé lors de l’IRM que « c’est parce que l’IRM l’angoissait » (alors qu’il y a environ 1000 raisons possibles pour bouger lors d’une IRM, allant de l’éternuement à la douleur…) ?

      Et, pour la 2ème situation : face à une personne qui se plaint de douleur aigues (au point d’appeler plusieurs fois le médecin de garde au beau milieu de la nuit… Comment expliquez vous que personne, absolument personne, n’ai prescrit pendant des mois des examens somatiques plus poussés que juste lui palper le ventre ? Parce que bon, vous avez beau dire que la plupart du temps, les calculs sont indolores, je ne sais pas si vous en avez déjà eu, mais je peux vous assurer, pour avoir expérimenté la chose, que quand ils ne sont pas indolores, ils ne sont VRAIMENT VRAIMENT PAS INDOLORES…
      Et, dans ce cas précis, « étrangement » une fois la vésicule retirée, elle n’a plus jamais eu ces douleurs insupportables au ventre… Preuve que le problème venait EFFECTIVEMENT de là, et pas d’une quelconque origine psychosomatique. Et c’est quand même bien inacceptable qu’on l’ait laissée avoir mal pendant des mois avant d’examiner la situation avec assez de sérieux pour constater qu’il y avait effectivement un problème somatique bien identifiable…

      Honnêtement, je vous trouve bien indulgent envers ces deux médecins…

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  3. Ça ne m’étonne même pas tellement. Pendant une période, on mettait tout sur le dos de l’angoisse. C’était peut-être parfois vrai, mais je ne comprends même pas comment on peut se dire que c’est OK de ne pas vérifier avant, quand même. Et même l’angoisse peut mener à des maux réels et concrets, et il faut les soigner aussi.

    Quand des médecins voient mes bras, j’ai vraiment souvent droit à des questions. Pourquoi, comment, où ? Hey, je viens pour une grippe, donc à la limite tu me demandes si j’ai envie/besoin d’en parler et c’est tout. Je ne suis pas là pour répondre à la curiosité mal placée des soignant-e-s.

    J’ai toujours peur que les médecins aient accès à mon dossier médical. Voient mon parcours. Parce que je sais que j’aurais ce genre de questions, de réactions stupides. Alors je ne leur parle pas de comment je vais, moralement, parce que ça pèse beaucoup trop dans la balance des diagnostics que je vais recevoir après.

    Mention spéciale quand même au radiologue à qui j’avais dit que j’étais claustrophobe et qui est venu m’engueuler trois fois pendant l’IRM parce que je tremblais (ouais, pas de bol, ma peur se manifeste surtout par des tremblements de jambes). Ça a beaucoup aidé, c’est sûr !

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  4. Mon père étiqueté maniaco- dépressif a consulté de nombreuses fois aux urgences pour une douleur dorsale violente … Antalgiques … Retour maison… Douleurs récurrentes … Fatigue… Perte d’appétit, ca devait donc être tout logiquement une rechute de dépression. Psy… Médecin généraliste … Osteo… Rebouteux … Psy …
    Hospitalisé finalement de nouveau un jour. 3 jours après, le diagnostic de cancer du pancréas est tombé. Il est mort 15 jours après. Bullshit , on peut le dire 😦
    Merci de mettre en lumière ce problème. Très sincèrement , merci.

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    1. C’est ce que je me suis dit un instant (genre qu’il ait pu imaginer que les coupures aient lésé un nerf ou quelque chose du genre).
      Après, avec deux doigts de logique…

      – L’aggravation de l’état de son genou date de quelque mois. Un oeil vaguement avisé en matière de cicatrices (ce qu’un chirurgien est supposé être, n’est ce pas ?) voit au premier coup d’oeil que les cicatrices qu’il montrait sont carrément plus vieilles que ça…

      – Si c’était ça l’idée en toile de fond, quel est le but de lui attraper les bras pour vérifier d’autorité qu’elle ne s’était pas coupée ailleurs… Alors qu’elle répondait que non, elle ne s’était jamais coupée ailleurs que sur les jambes ?

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  5. Je pense que c’est aussi ce que des médecins font quand iels sont incompétent·es à résoudre le problème.
    Au plus fort de ma sciatique, après trois infiltrations et un refus de m’opérer, le spécialiste m’avait sorti « vous êtes sûre que la douleur n’augmente pas lorsque vous angoissez ? » (la réponse est non).

    Voir à ce sujet l’histoire relayé par Advovay France de la personne souffrant d’un trouble bipolaire morte car aux urgences iels sont partis du principe que c’était psychosomatique. Elle avait en fait un problème très grave.

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    1. Rien que dans les commentaires ici… Une personne a témoigné du fait que son père est mort d’un cancer, parce que tout avait été mis sur le compte de sa bipolarité… C’est tellement, tellement inacceptable…

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  6. Rien de tout blanc ni tout noir.
    Les chirurgiens sont en général les moins « psychologues » des soignants, particulièrement les orthopédistes, mais là encore, ne généralisons pas trop.
    Un de mes profs de médecine disait : « Ces chirurgiens, ce sont vraiment des… (et après un moment de silence…) … des chirurgiens.
    Un autre de mes profs répétait souvent : « On peut avoir la vérole et un bureau de tabac », soit deux, ou plusieurs pathologies.
    Généraliser à propos des médecins, c’est comme généraliser à propos des patients.
    Chez les uns comme chez les autres, on trouve le meilleur du meilleur et le pire du pire.
    Dominique Dupagne à raison quand il dit qu’un bon chirurgien ne se précipite pas sur ses outils (sauf dans l’urgence).
    Vous avez raison quand vous faites remarquer à quel point celui ci a été lourdingue et à côté du véritable propos.
    Mais voyez vous, parler de la psychophobie « du milieu médical », c’est comme parler « des juifs » ou autre « catégorie », dans laquelle toute personne de ladite catégorie ne se reconnaît pas forcément.
    J’ai appris dans mon métier que j’avais affaire à des individus, à des personnes, plutôt qu’à des instanciations d’un modèle général.
    La colère aveugle, voyez-vous…

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    1. Parler de la psychophobie du milieu médical, c’est une réalité.
      Mais ca ne signifie en rien que chaque médecin, individuellement, est concerné.

      Par contre, y voir des cas isolés, c’est aussi passer à coté du problème.

      Problème qui est que :

      – globalement, la société est pétrie de préjugés sur les troubles psy. Et les médecins ne font pas exception.
      – la formation « de base » des médecins concernant les troubles psy, elle frise le 0 absolu. Alors que, orthopédistes, ophtalmos, gynécos, cardiologues, généralistes, oncologues ou que sais-je encore… Tous aurons à soigner également des personnes qui ont AUSSI des troubles psy… Et avoir une formation qui permet justement d’éviter de tomber dans les préjugés faciles… C’est UN PEU nécessaire…

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  7. J’ai beaucoup aimé cet article et après l’avoir lu plusieurs fois, il m’a rappelé un souvenir que m’a racontée ma mère.
    Comme je l’ai dit dans une page, j’ai une grosse malformation au pied droit. J’ai déjà eu plusieurs opérations, mais le plus marquant est celui que j’ai eu en 2011.
    Je m’en souviens comme si c’était hier qu’on m’a opérée et qu’on m’a mit un élisarof au pied. Je ne sais pas vraiment si je l’ai bien écrit (quelqu’un pourrait signaler s’il y a eu une faute d’orthographe, ce qui n’a rien d’étonnant vu qu’il est vraiment difficile à écrire) ni si vous savez ce que c’est. C’est une sorte de machine qu’on implante dans un certain membre malformé du corps et qui permet de corriger vraiment ou de rétablir en grande partie cette malformation. Cette machine m’a beaucoup aidée mais elle est aussi très douloureuse par la suite, surtout au début, donc il m’arrivait de hurler de douleur même en pleine nuit (ce que mes parents comprenait mais dont j’avais honte parce que je savais que je dérangais beaucoup de personnes qui étaient en train de dormir).
    Mes parents (il me semble parce que je n’y ai pas assisté) ont eu une discussion avec les médecins car ils s’inquiétaient pour moi et ils voulaient que j’eusse moins mal. Le corps médical savait aussi que je suis autiste, notamment à cause de certains comportements que j’ai eu, comme par exemple tutoyer mon médecin anesthésiste et l’appeler par son prénom que j’ai lu sur l’étiquette de sa blouse (cette familiarité ne l’a pas vexé). Je sais que l’autisme n’est ni une maladie, ni un trouble psychologique, mais il y a encore des gens qui sont neuroatypicophobes (je crois avoir inventé cet adjectif comme avoir inventé le nom <>) ou qui croient encore que l’autisme est une maladie tout comme ils croient que les douleurs des malades mentaux sont forcément dans leur tête (ce qui, en soi, est stupide, surtout que selon moi, même les douleurs somatiques sont réelles). Heureusement que celui-ci a compris que mes douleurs sont seulement dû à cette machine. Par contre, un autre médecin a dit que peut-être que mes cris ont une origine pûrement psychologique juste parce que je suis autiste. Résultat : ma mère, qui s’est énervée, lui a crié qu’il devrait s’implanter l’élisarof et qu’il verra par la suite à quel point c’est douloureux. Petit détail à ajouter : elle est psychologue scolaire, mais on n’a pas besoin d’être psy pour comprendre à quel point ça doit faire mal.

    Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais il y a une chose que je ne comprends pas dans cet article. Il me semble que l’IRM, c’est la radio du cerveau. Alors pourquoi votre amie a-t-elle eu cette radio puisqu’elle vient pour faire osculter son genou ?

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    1. Non, l’IRM c’est l’imagerie à résonance magnétique.
      Elle peut se pratiquer au niveau du cerveau certes, mais aussi au niveau de n’importe quelle autre partie du corps.

      C’est une technique d’imagerie médicale un peu différente de la radio, et qui implique d’être dans un « tube » et complètement immobile pendant plusieurs minutes. En outre, la machine est particulièrement bruyante, ce qui dans un espace confiné peut vite devenir très désagréable voire angoissant.

      Ce qui la rend certes particulièrement difficile à supporter si on est un tant soit peu claustrophobe ou sensible au bruit, mais aussi si le fait de rester dans la même position pendant longtemps est douloureux.

      Pour ce qui est de mon amie, c’était à la fois angoissant (vu qu’elle est claustrophobe ET hyper sensible au bruit) et carrément douloureux, vu qu’elle ne peut pas laisser son genou dans la même position plus bien longtemps sans que la douleur flambe…

      Et si elle a bougé, c’est clairement à cause de la douleur, parce que pour ce qui est de son angoisse face aux IRM, elle arrive à faire avec bien que ça soit pénible.

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      1. D’accord. Merci pour l’information. J’ai déjà essayé de faire des recherches surtout sur Wikipedia même si je sais que ce n’est pas un site toujours fiable, mais il y a écrit des termes trop compliqués pour moi et même si je comprends très bien un texte long, pour moi, ol ne faut pas qu’il soit rempli de ce genre de termes ou bien il faut donner directement leur définition sinon on finit par ne rien comprendre et ne rien retenir de ce qu’on lit ou par ne pas lire la suite d’un texte. Wikipedia est le genre de sites qui est censé adapter ses propos à un large public, mais dans certains cas, ce n’est pas gagné.
        Je ne veux pas devenir médecine (il me semble que ce métier existe pour les femmes) ou doctoresse (cela existe sûrement), mais si j’en étais une, je n’irai pas lire le dossier de toutes les hospitalisations psychiatriques de mes patients puisque je ne suis pas du genre à fouiner. En plus, je n’en vois pas l’intêret. Il était évident que votre amie voulait qu’on soigne son genou comme il était évident que mes hurlements sont causés par cette machine, du coup, certains personnes, spécialistes ou non, sont incompréhensibles.
        Et dans le précédent commentaire, j’ai dit <> mais je crois que le terme exact est <>. Mais selon moi, même si les douleurs psychosomatiques n’ont pas l’air réels, ils le sont et il ne faut pas sous-estimer leur ampleur. Donc je ne comprends pas les gens qui disent aux gens qui ont un trouble somatique ou psychosomatique qu’il n’a rien. Ce genre de douleurs a de multiples causes, comme par exemple le harcèlement.
        Les gens qui font des à-priori ou des <> au lieu de rechercher plus profondément les informations sur un domaine tel que les troubles, les maladies ou les atypies aussi sont incompréhensibles. <> Ce n’est pas cela ! S’ils faisaient des recherches sur Internet ou s’ils regardaient un vidéo documentaire approprié, ils sauraient que l’épilepsie est une maladie neurologique souvent causée par des lésions cervicaux et qui survient dès la naissance ou suite à un accident ou une maladie et qu’elle provoque des crises incontrolées (dans le sens que l’épileptique n’arrive pas à contrôler son corps n’importe quand) et parfois des hallucinations (cela dépend du lieu de la ou de plusieurs lésions). Je sais que je ne peux pas prendre la parole à la place des concernés, mais je peux essayer de me mettre à leur place (bien sûr avec des témoignages de personnes épileptiques) et me dire à quel point c’est horrible et effrayant pour eux. Heureusement qu’on peut l’atténuer avec des médicaments et qu’on peut parfois la guérir en opérant le patient (cela dépend de l’endroit de la ou de plusieurs lésions ainsi que de l’âge du patient).
        Désolé pour cette colère dans le troisième paragraphe. Je sais que les préjugés sont des opinions et que je ne peux pas défaire toutes les personnes qui les ont de leurs faux jugements, mais cela m’énerve, surtout quand je sais que sans ça, beaucoup de malheurs dans le monde n’existeraient pas (je parle de la discrimination et de ses conséquences).

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      2. Finalement, ce n’est pas moi qui oublie les mots, mais ce site ou l’application WordPress qui fait n’importe quoi. Pourquoi ce qui est écrit entre guillemets français n’est pas retenu ? J’ai d’abord écrit somatique, puis psychosomatique et enfin, la question que beaucoup de gens se posent à propos de l’épilepsie : L’épilepsie, c’est pas la maladie ou l’on bave ? J’ai beau avoir quatorze ans, quand on a fait des recherches là-dessus, on comprend très vite à quel point cette question est illogique.

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  8. Désolé aussi pour le deuxième paragraphe (correction de sa première phrase : Et dans le précédent commentaire, j’ai dit <> mais je crois que le terme exact est <>.).

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  9. L’Eau Rence, je tenais à te féliciter pour ce blog, tu constitues mon monologue interne à chaque fois que je me balade dans les services hospitaliers (je suis en 5ème année de médecine).
    Je voulais faire psychiatrie depuis très longtemps et face à la psychophobie ordinaire de l’hôpital, je t’avoue que je suis perdue. C’est vraiment la spécialité que quasiment tous les médecins non psy occultent. Entre mon chef qui parle à un patient atteint de schizophrénie « alors c’est vrai que vous êtes fada? », les spéculations diagnostiques foireuses du genre « non mais t’es trop naïve sérieux tu vois pas qu’il est parano ce patient? » (alors qu’il était sévèrement déprimé, insomniaque, isolé, précaire et donc dénutri avec un passé très lourd et qu’il avait du mal à coopérer avec le personnel qui était parfois trop rude. Hum euphémisme.)
    Entre les médecins qui jugent la crise suicidaire aux urgences comme étant « un caprice de gamine », la psychiatrie comme pas de la vraie médecine et les médecins qui vont effectivement poser tout un tas de questions déplacées pour satisfaire leur curiosité malsaine et certainement pas médicale, je suis totalement exaspérée.
    Pour ma part en tant que future praticienne, je suis triste de constater que je ne pourrai jamais parler de mes crises anxio-dépressives et suicidaires ou de ma prise d’antidépresseurs (et quelques fois des neuroleptiques) pour parfois justifier mes arrêts maladie et mes absences envers mes séniors, que je ne pourrai jamais en parler à la médecine du travail ou à un référent de stage car il en existe tout simplement pas pour nous. La dernière fois que j’ai tenté d’en discuter avec des co-externes, ils ont tout simplement fait comme si je n’avais rien dit, c’est pour te dire. Apparemment la maladie psychiatrique c’est flou, étrange et remplie de « fadas », pas question que les externes le soient aussi- qui sait, c’est contagieux peut-être?

    Bref, je vais arrêter ma tirade, je voulais juste te dire que je trouve ton blog fabuleux, que je t’encourage et coeur sur toi!
    Si j’avais tu veux discuter sur le sujet, ce serait avec plaisir 🙂

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  10. Je vais faire vite.

    La psychanalyse, c’est du bullshit. La psychanalyse est un danger pour la psychiatrie.

    Psychosomatique…

    Le problème c’est que la psychanalyse est encore considéré comme une science. (en France !)
    Alors que la science la déjà mis au rang de « pseudo-science ».

    Les maladies psychiques n’ont pas autant de grandes différences avec les maladies physiques qu’on ne le pense.

    Par exemple, être Schizophrène, ce n’est pas juste « psychique ». C’est aussi neurologique. (Les récentes découvertes le prouve)
    Pareille pour le TB (trouble bipolaire).

    La psychiatrie en France est vieille. Heureusement, ça commence à bouger.

    Maxime : Non, les maladies psychiatriques ne sont pas de l’ordre du « charlatanisme »… Merci bien de vous renseigner. Ce sont de véritables maladies. Et pas « un truc imaginaire ». Bien que ça se passe dans la tête ! En même temps, c’est un peu logique, non ? Comme tout ce qui est neurologique…

    Pour aller plus loin :

    Psychanalyse :
    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?rubrique56
    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?rubrique29

    Pas de rapport direct, mais une bref introduction : https://www.youtube.com/watch?v=o3smhj6vYBI

    PS : Oui, désolé, je suis un peu à tatillon, mais j’en ai marre qu’on me disent que « C’est rien, ça existe pas en fait bipolaire, c’est dans ta tête » (Dans le sens, imaginaire)

    Bah tient…

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