Etre gros, ça arrive aussi aux enfants ! (et c’est pas une raison pour les faire chier)

Cet article, il est un peu spécial.
Parce que je l’écris SURTOUT pour les enfants et les adolescents.

Je suis grosse depuis… Bah depuis toujours.
A l’école, j’étais déjà « la grosse », celle qu’on emmerdait sur son poids.
Et celle qui se coltinait les conseils / les remarques / les conneries des adultes à propos de mon poids.

Et à cet âge là, j’aurais bien voulu avoir des idées pour me défendre, parce que c’est à cette époque là que j’ai le plus souffert des remarques sur mon poids, des moqueries des autres enfants, mais aussi des attitudes des adultes.

grossophobie

Quand on est un enfant ou un ado, on est supposé obéir aux adultes (surtout quand c’est nos parents, nos profs, ou toute autre personne chargée de s’occuper de nous).
Et c’est d’autant plus difficile de se défendre quand c’est ces adultes qui ont des attitudes merdiques par rapport à notre poids.

Je vais vous raconter un truc :

A Noël, ma tante m’offrait toujours des chocolats… tout en me disant « Je ne devrais pas t’en offrir, avec ton poids ».
A chaque fois, j’avais envie de lui lancer les chocolats un par un dans la figure.
Mais à chaque fois, vu que c’était une adulte et que c’était ma tante, ben je me taisais. Et éventuellement j’allais pleurer dans les toilettes après.

Mais, avec le recul, des années après, je pense que même si elle était une adulte et moi une enfant, puis une adolescente, elle n’avait pas le droit de se comporter comme ça, et que j’aurais eu le droit de la remettre à sa place.

Mais remettre à sa place un adulte, quand on est enfant ou adolescent, ça demande un peu de stratégie, si on ne veut pas se faire répondre « Non mais c’est pour ton biiiiien, je sais mieux que toiiiii, j’ai vécuuuuu, moi ! » (Ce qui est vraiment une réponse de merde, mais beaucoup d’adultes s’en servent à tour de bras !).

Alors, vu que maintenant je suis une « vieille » (Humpf !), et que j’ai l’avantage de me souvenir de ce que c’est d’être un enfant gros, et aussi de savoir ce que c’est d’être un de ces emmerdeurs d’adultes, je vais essayer de donner quelques petites idées et pistes pour se défendre, quand on est enfant ou ado, contre les attitudes pénibles des adultes au sujet de notre poids.

Quand on essaie de nous priver de quelque chose qu’on aime manger « pour notre bien »

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais à moi oui : quand j’étais enfant, ma mère refusait que je prenne des récréations que j’aimais bien. Elle me donnait des pommes, pour la récré. Manque de chance, je n’aime PAS les pommes. Mais alors vraiment pas. Et ça ne s’est pas arrangé en me forçant à en manger pendant des années à chaque récréation !

Et elle ne me donnait pas des pommes « parce que les pommes c’est sain » (ce que j’aurais à la limite pu comprendre, même si me donner un fruit que je n’aime pas, ça ne reste pas la meilleure idée du monde !). Non. Elle me donnait des pommes « parce que ça au moins c’est pas gras ni trop sucré, avec ton poids c’est important ».

Inutile de dire que mes récrés, souvent, elles passaient à la poubelle à peine arrivée à l’école, hein !

Alors, j’ai envie de vous dire : ne vous laissez pas imposer des trucs que vous n’aimez pas.

Et vous avez le droit de le dire, aussi. Même si c’est un adulte. Même si c’est votre père, votre mère, votre éduc.
Vous aimez pas, vous aimez pas. POINT.

Quand on regarde tout ce qu’il y a dans votre assiette, tout le temps, et qu’on vous fait tout le temps des remarques dessus 

Ma fameuse tante qui me faisait des remarques sur le chocolat, elle faisait aussi des remarques sur tout ce que je mangeais, aux repas de famille.
Tu sais, les remarques super chiantes :
« T’es sure que tu veux reprendre des frites ? »
« Tu penses pas que tu as mangé assez de pain ? ».
« Tu devrais reprendre des légumes, à la place ».

(Ta gueule, Tata, ta gueule !)
(Ah, c’est pas ce qu’il faut dire pendant un repas de famille ? Zut…)

Sinon, comme réponse avec un peu plus de tact (parce que des fois, le tact, c’est utile pour éviter de se brouiller avec toute sa famille en un seul repas…) :

– « Merci de te préoccuper de ma santé, mais même si j’ai [x] ans, je ne suis pas complètement stupide, on m’a déjà parlé de mon poids plein de fois, et maintenant c’est pas le sujet, je suis en train de savourer mon repas que j’apprécierais de pouvoir le faire sans tes remarques ». C’est poli, c’est posé, ça ne laisse pas de prise à la réponse facile de « Non mais tu ne me parles pas sur ce ton ! ».
– « Tu pourrais me passer le sel s’il te plait, [nom de la personne qui t’a fait cette théorie fumeuse sur ton poids] ?  »
C’est une manière polie de lui dire « Je n’en ai absolument rien à secouer des tes théories ». Sans l’envoyer bouler ouvertement, donc sans déclencher un incident diplomatique de classe interplanétaire au beau milieu du repas d’anniversaire de la grande-tante Alphoncine ou du Cousin Hubert.
– Faire semblant de ne pas avoir entendu. Sans rien dire, sans broncher, comme si la phrase alacon sur ton poids n’avait pas existé.
– Si la personne qui te fait cette remarque n’est pas quelqu’un avec qui tu vis, et que c’est quelqu’un que tu ne vois pas très régulièrement, lui faire remarquer qu’il/elle ne vit pas avec toi, et que c’est surement pas en un repas qu’il/elle va changer grand chose pour ce qui est de ton poids… et que du coup, tu aimerais bien profiter de ton repas tranquille.
– Si c’est les personnes avec qui tu vis tous les jours (et qui donc te font ce genre de remarque régulièrement) : répondre que tu es déjà au courant, vu qu’ils te l’ont déjà dit plein de fois.

Il y a surement plein d’autres situations possibles. Et plein d’autres réponses possibles, aussi.
La liste que j’ai fait là, elle n’a pas la prétention d’être complète, et je n’ai pas la Vérité Absolue !

Par contre, il y a un truc que j’ai envie de te dire.

Si tu es arrivé jusqu’à cet article, c’est probablement parce qu’on t’a, dans ton entourage, fait des remarques blessantes sur ton poids.
Et il y a une chose qui est vraie à 9 ans comme à 15 comme à 30 :

C’EST TON CORPS.

Et PERSONNE (même ton parent, même quelqu’un qui s’occupe de toi) n’a de raison valable pour être blessant vis-à-vis de toi. Encore moins sur ton corps.
Donc non, tu n’es pas « bête », « trop susceptible », « trop sensible », si tu prends mal qu’on te fasse des remarques blessantes sur ton poids, sur ton corps.
Le fait d’être enfant ou d’être adolescent ou d’être adulte ne change strictement rien à ça : c’est ton corps.

Si tu as envie, toi, pour toi, de perdre du poids, alors oui, c’est important que ton entourage te soutienne.
Par contre, te faire des remarques continuellement sur ton poids, ou profiter d’un repas de famille pour t’en foutre plein la gueule au sujet de ton poids, ça n’est pas du soutien, et c’est blessant.
Et on aura beau te répéter que « c’est pour ton bien », tu as largement le droit de mal le prendre, et de le dire. Parce que ce qui est « pour ton bien » n’est pas supposé être blessant, te donner envie d’aller pleurer dans les chiottes ou te gâcher le plaisir d’un repas de famille.
Vraiment.

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